La situation dans le nord-ouest de la Syrie reste la manifestation “la plus alarmante de la crise” dans ce pays, alors que le conflit entre dans sa dixième année, a estimé vendredi l’ONU.

“Des bombardements continuent d’être signalés dans les zones situées le long des lignes de front et les risques de décès et de blessures dus aux dangers d’explosion, tels que les munitions non explosées, ont augmenté au cours des derniers mois en raison de tirs d’artillerie et des bombardements aériens”, s’est inquiété le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations-Unies (OCHA).

Selon OCHA, l’annonce d’un cessez-le-feu à Idlib par la Turquie et la Russie, le 6 mars dernier, a conduit à une “diminution du niveau général de violence” et un ralentissement des déplacements de population a été constaté dans des zones proches des lignes de front. Cependant, “cela ne fait pas d’Idlib un lieu sûr”.

L’agence humanitaire de l’ONU rappelle que quelque 960.000 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été déplacées depuis décembre dernier. Parmi ces déplacés, 327.000 personnes sont actuellement hébergées dans des camps et vivent dans des tentes individuelles, tandis que 165.000 personnes se trouvent dans des maisons ou des bâtiments inachevés.

Malgré la signature de la trêve, les travailleurs humanitaires sur le terrain tirent la sonnette d’alarme sur la situation des femmes et les enfants. Quatre personnes sur cinq qui ont été déplacées depuis le 1er décembre sont des femmes, des filles et des garçons, dont la santé, la sécurité et le bien-être sont compromis, s’alarme encore l’ONU.

Jeudi, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déploré le coût humain “inacceptable” du conflit armé “brutal” en Syrie, qui est entré dans sa dixième année et a entraîné une crise humanitaire d’une “ampleur monumentale”.

La paix dans ce pays reste encore “bien insaisissable”, a regretté le chef de l’ONU.

“Mon message d’aujourd’hui est clair. Nous ne pouvons pas laisser la dixième année se traduire par le même carnage, le même mépris des droits de l’homme et du droit international humanitaire, la même inhumanité”, a dit M. Guterres, dans une déclaration pour marquer cet anniversaire.

 

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