Alors que la course à l’investiture démocrate en vue de la présidentielle de 2020 est déjà encombrée et qu’aucun candidat n’arrive à se distancier clairement de ses adversaires, de nouveaux prétendants entrent tardivement en lice, maintenant entier le suspense du moins jusqu’à début février, date du premier scrutin primaire, prévu dans l’Iowa.

Le nombre de candidats a certes diminué au cours des derniers mois. Cependant, plus d’une quinzaine sont encore en lice, dont plusieurs leaders potentiels, sans oublier la possibilité que les prétendants de deuxième ou troisième plans puissent créer la surprise.

Cela signifie que même si de nombreux électeurs sont encore indécis, beaucoup d’entre eux ne verront probablement pas leur candidat de premier choix – ou peut-être même de deuxième choix – remporter l’investiture du parti.

Le nombre de prétendants record, bien que traduisant en partie une forte volonté chez les démocrates de battre le président Donald Trump qui brigue un second mandat, a également rendu plus difficile la tâche pour les principaux candidats de sortir du lot.

Seuls dix démocrates se sont qualifiés au cinquième débat télévisé du 20 novembre à Atlanta en Géorgie (Sud-est), conformément aux deux critères mis en place par le Comité national démocrate (DNC) portant sur les intentions de vote et la collecte de fonds.

A environ deux mois et demi du caucus du 3 février, dans l’Iowa, aucun des candidats de premier plan, les sénateurs Joe Biden, Elizabeth Warren et Bernie Sanders, ne parvient à creuser largement l’écart par rapport à ses adversaires, le premier, toujours en tête mais en perte de souffle, recueille 26% des intentions de vote dans les sondages nationaux, selon le site “Realclearpolitcs.com”, suivi de la sénatrice du Massachusetts (20,8%) et du sénateur du Vermont (17,8%).

Pis encore, les sondages nationaux ne reflètent pas la réalité locale. Dans l’Iowa, par exemple, c’est Warren qui est donnée favorite, avec une moyenne de 20%, talonnée par Peter Buttigieg, maire de South Bend, une ville de l’Indiana, (19,7%), suivi de Biden (17%) et de Sanders (16,3%).

Alors que plusieurs mois se sont écoulés depuis le début de la campagne, aucun changement notoire n’a pu se traduire dans le classement au niveau du trio de tête si ce n’est l’ascension de Warren à la position de dauphine et le rétrécissement de l’écart qui la sépare de Biden.

Mais le manque de gain pour les trois favoris reflète aussi le manque d’enthousiasme de la part des électeurs démocrate et surtout indépendants pour des candidats septuagénaires, ainsi que de récentes inquiétudes quant à leur capacité de battre Trump.

Ainsi, l’ancien Vice-président Biden risque de pâtir de l’effet de boomerang de l’affaire ukrainienne, qui fait l’objet d’une enquête de destitution ouverte par les démocrates du Congrès à l’encontre de Trump et qui doit déterminer si ce dernier a bien fait abuser de ses pouvoirs pour amener le président d’Ukraine à ouvrir une enquête sur l’activité du fils de Biden dans une entreprise d’énergie ukrainienne dont il est membre du conseil d’administration.

Pour ce qui est de Warren et Sanders, leur discours marqué à gauche est la bête noire de l’establishment démocrate, réputé au centre, surtout que la sénatrice du Massachusetts ne cesse de lancer des propositions qui lui attirent les foudres de Wall Street, comme celle de surtaxer les plus riches.

Face à cette situation, de nouveaux candidats sont tentés par une entrée tardive dans la course. C’est le cas de l’ancien gouverneur du Massachusetts Deval Patrick, un proche de l’ancien président Barack Obama, qui a officialisé sa candidature jeudi.

La liste ne va certainement pas s’arrêter là, puisque le milliardaire et ancien maire de New York, Michael Bloomberg, qui avait un temps écarté l’idée de se présenter, envisage désormais une candidature de dernière minute pour l’investiture du parti. Bien qu’il n’ait pas encore officialisé sa décision, il vient de déposer ses documents de candidature dans l’Arkansas et la Caroline du Nord, deux Etats qui organisent des scrutins lors du “Super Mardi”, début mars.

Même Hillary Clinton, la candidate malheureuse de la présidentielle de 2016, où elle a gagné le vote populaire mais perdu au vote du collège électoral face à Trump, n’a pas exclu la possibilité d’une entrée en course, affirmant dans une interview il y a une semaine à la BBC radio: “Je ne dis jamais jamais à quoi que ce soit”.

“Alors bien sûr, j’y pense. J’y pense tout le temps”, a-t-elle dit en réponse à la question de savoir si elle était certaine de ne pas se présenter, ajoutant que “de très nombreuses personnes” la poussent à y penser.

Le suspense ne cesse donc de grandir et l’incertitude sur celui que choisiront les électeurs démocrates et indépendants pour affronter le républicain Trump va encore durer jusqu’à février, voire mars, au terme des scrutins qui se tiendront le même jour dans plusieurs Etats (Super Tuesday).

 

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