L’acquisition, la prolifération, le déploiement et l’utilisation de missiles continuent à jouer un rôle déstabilisateur et même d’escalade dans les relations internationales, a prévenu une haute responsable des Nations Unies.

Cette déstabilisation et cette escalade ne sont pas sans conséquences sur la gestion des crises, notamment entre États dotés d’armes nucléaires, et qui dans certains cas, peuvent causer de graves dommages civils, a souligné la Haut-Représentante de l’ONU pour les affaires de désarmement, Izumi Nakamitsu, lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la menace posée par les missiles à la paix internationale.

“Aujourd’hui, les missiles ajoutent un élément dangereux et déstabilisateur aux point chauds régionaux de l’Asie du nord-est à l’Asie du sud, au Moyen-Orient et à l’Europe. Ils contribuent directement à la relance de la course dans le domaine des armes stratégiques et entravent la réalisation des objectifs plus large de désarmement”, a-t-elle alerté.

Mme Nakamitsu a déclaré que “l’effondrement récent du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire a ôté l’une des rares contraintes au développement et au déploiement de catégories de missiles déstabilisants et dangereux”.

“Comme le Secrétaire général l’a noté à juste titre, ce Traité a joué un rôle important dans la réduction des risques, le renforcement de la confiance et à aider à mettre fin à la Guerre froide”, a rappelé la Haut-Représentante.

“La fin du traité FNI ne devrait pas être le catalyseur d’une compétition renouvelée et sans contrainte dans le développement, l’acquisition et la prolifération des missiles”, a-t-elle souligné.

Faisant écho aux déclarations précédentes d’António Guterres, Mme Nakamitsu a appelé tous les États à éviter des “développements déstabilisateurs” et à rechercher “de toute urgence” un accord sur un “nouveau chemin commun” pour le contrôle international des armements.

A ce jour, il n’existe aucune norme, aucun traité ou accord universel régissant les missiles dans le monde, a rappelé la cheffe du désarmement de l’ONU. “Aujourd’hui, seuls la Fédération de Russie et les États-Unis sont soumis à des restrictions juridiquement contraignantes sur le nombre de certains missiles qu’ils posséderaient”.

Des mesures internationales sur les missiles existent, telles que le Régime de contrôle de la technologie des missiles et le Code de conduite de La Haye contre la prolifération des missiles balistiques. Mais “bien qu’elles aient une valeur évidente, elles ne suffisent pas pour traiter tous les aspects de la menace que les missiles et leur prolifération pose à la paix et à la sécurité internationales”, a dit Mme Nakamitsu.

Dans les années 2000, trois groupes d’experts des Nations Unies sur les missiles ont fourni des synthèses utiles sur les différents problèmes de sécurité liés aux missiles. Ces trois groupes ont tenté de traiter la question de manière globale. Mais “la Première Commission (de l’Assemblée générale des Nations Unies chargée du désarmement) n’a pas adopté de résolution sur la question depuis 2008”, a précisé la Haut-Représentante.

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