L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a décidé de se lancer dans une opération d’envergure pour moderniser ses processus d’achat et mettre en place une nouvelle politique de gestion pour se couvrir contre les risques sur les marchés des produits de base (charbon, gaz naturel, électricité), le fret ainsi que les opérations sur le marché de change.

“Il s’agit d’un projet d’envergure pour la restructuration de l’activité de gestion des risques qui consiste à doter l’Office d’un dispositif complet de pilotage, d’analyse et de prise de décision en matière de gestion et de couverture des risques”, indique lundi l’office dans un communiqué.

Les principaux résultats attendus de ce projet stratégique visent notamment à maîtriser et optimiser les charges relatives aux achats à fort enjeu; mettre en place des stratégies de gestion des risques efficaces et optimales; suivre d’une manière dynamique l’exposition de l’Office et intervenir sur les marchés pour la couverture des risques encourus par l’Office, précise la même source.

Convaincu de la valeur ajoutée de cette nouvelle activité en terme d’optimisation des coûts et d’amélioration des performances opérationnelles et financières, l’ONEE se mobilise pour que sa salle des marchés soit opérationnelle en 2021.

Un appel d’offre vient d’ailleurs d’être lancé pour la sélection d’un cabinet spécialisé qui assistera l’équipe projet interne à retenir la structure et le dimensionnement les plus appropriés, à mettre en place la plateforme et les outils nécessaires et à réaliser, durant une période d’ancrage, les premières opérations de couverture des risques, précise-t-on de même source.

L’ONEE, poursuit le communiqué, “exerce son activité dans un environnement en forte évolution induisant de nombreux risques, dont certains sont exogènes”, relevant que les enjeux associés à ces risques sont “multicritères” et peuvent avoir des conséquences financières, notamment sur la situation financière de l’Office.

Et d’ajouter que du fait de la diversification de ses activités et de la particularité du marché de l’électricité, l’ONEE, en tant que planificateur et gestionnaire de l’offre et la demande de cette forme d’énergie, est exposé aux risques de fluctuation des prix de combustibles, du fret, et des parités de change, qui peuvent avoir un impact “important” sur les écarts de conversion, les postes de bilan, les charges financières, les capitaux propres et la situation de trésorerie.

A fin décembre 2019, les achats d’énergie et de combustibles de l’ONEE ont représenté plus de 68% des charges de la branche Electricité, fait savoir le communiqué, notant que les charges relatives à ces opérations ont atteint 11 milliards MAD, dont 8 milliards MAD pour les achats de charbon et 2,5 milliards MAD pour les achats de gaz naturel et 174 millions MAD pour les importations de l’électricité.

De surcroît, “la quasi-totalité de ces achats est libellée en devises (EUR et USD) et l’ONEE est ainsi amené à réaliser des volumes importants d’achats et de cessions de devises sur le marché de change pour le paiement de ses engagements libellés en devise”, indique-t-on de même source, ajoutant que le volume des opérations de change réalisé en 2019 a atteint les 12,81 milliards de dirhams, principalement en EUR (7.29 milliards de dirhams) et en USD (5.08 milliards de dirhams).

L’ONEE étant également impliqué dans des contrats de financement à long terme, une variation défavorable des devises pourrait avoir aussi des conséquences sur la rentabilité de ses projets d’investissement, poursuit le communiqué, faisant remarquer qu’en l’absence de couverture, les fluctuations des prix d’achat d’électricité, de combustible et de change entre le Dirham et les devises des différents marchés internationaux sur lesquels l’ONEE opère peuvent donc significativement modifier les résultats de l’Office et rendre difficiles les comparaisons de performance d’une année à l’autre.

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