L’Iran attend du prochain gouvernement américain “trois changements importants sans lesquels rien n’arrivera”, a indiqué lundi la République islamique, tout en rappelant qu’elle jugerait l’équipe de Joe Biden sur ses “actes”.

“Changement de pensée et de mentalité de la part des responsables politiques américains, changement du langage et du discours [des Etats-Unis] vis-à-vis du monde et de l’Iran, et […] retour sur le bon chemin afin de se faire pardonner le passé”, a énuméré le porte-parole des Affaires étrangères iranien, Saïd Khatibzadeh.

L’Iran et les Etats-Unis se sont retrouvés par deux fois au bord de la guerre depuis juin 2019, sur fond de tensions autour de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015.

Le président sortant Donald Trump a dénoncé ce pacte en mai 2018 et lancé contre Téhéran une campagne de “pression maximale” à coup de sanctions ayant plongé l’Iran dans une violente récession.

En riposte, Téhéran s’est affranchi depuis mai 2019 de la plupart de ses engagements clef pris à Vienne, et l’accord ne tient plus que par la volonté des Etats participants (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne, Russie et Iran) de le maintenir en vie malgré tout.

Pendant la campagne aux Etats-Unis, le président-élu Joe Biden a dit vouloir imprimer un changement de cap à la politique iranienne de son pays et proposer “à l’Iran une voie crédible de retour à la diplomatie” en vue de réintégrer les Etats-Unis à l’accord de Vienne.

Mais M. Biden doit encore faire connaître précisément la façon dont il compte s’y prendre, et il a pour l’instant posé des conditions qui sont d’ores et déjà inacceptables pour l’Iran.

“Il y a le temps”, a déclaré M. Khatibzadeh, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse.

Les Etats-Unis “peuvent encore sortir du mauvais chemin sur lequel il sont engagés”, a-t-il ajouté, tout en indiquant que les Iraniens seraient “assurément très attentifs aux actes et aux mots du prochain gouvernement américain”.

M. Khatibzadeh a également déclaré que le gouvernement iranien et l’équipe de transition de M. Biden n’avaient eu aucun contact et a laissé entendre qu’il n’y avait pas de raison qu’ils en aient, l’Iran ne reconnaissant que “les gouvernements” en place.

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