Alors qu’ils ont passé pour certains plus d’une année à battre les pavés des quatre coins de l’Amérique, les candidats à l’investiture du parti démocrate et leurs partisans n’auront qu’une heure seulement lundi pour convaincre la majorité des participants au caucus de l’Iowa de voter pour eux.

Entre 19 et 20 heure (heure locale), les électeurs du parti démocrate se rendront vers leur terrain de football, leur lycée ou leur salle de concert de quartier pour voter lors d’un spectacle particulier en faveur de celui ou celle qu’ils jugent à même de battre Donald Trump en 2020.

Les sondages laissent jusqu’ici entrevoir un duel serré entre Joe Bien et Bernie Sanders lors de ce premier rendez-vous électoral de la primaire. Toutefois, l’issue du vote reste plus incertaine que jamais.

Et pour cause, le mode de scrutin lors du caucus est particulièrement imprévisible. Cette année, les résultats risquent d’être encore plus difficiles à déchiffrer étant donné les nouvelles règles mises en place par le parti démocrate dans cet Etat du Midwest.

En effet, le vote se déroulera en deux tours. Les candidats qui n’auront pas réussi à obtenir 15% des suffrages au terme du premier tour devront soit convaincre les électeurs des autres candidats malheureux à les aider à franchir ce seuil fatidique, soit voir leurs propres partisans partager leurs votes entre les candidats qualifiés au second tour.

A l’issue du second tour, les candidats se départageront, selon leurs résultats, un nombre de délégués de l’Etat qui leur “promettent” leur vote lors de la Convention nationale du parti démocrate qui clôturera la primaire en juillet prochain à Milwaukee. Selon les observateurs, le véritable enjeu du caucus sera le taux de participation, généralement limité à moins de 20%, qui permettra de se donner une idée de l’enthousiasme des démocrates avant la présidentielle de novembre face à Trump.

Pour les candidats à la primaire, l’Iowa sera un premier test de taille, sans conséquences pour certains, mais fatal pour d’autres.

En effet, un candidat a besoin de remporter au moins 1.991 délégués au niveau national pour briguer l’investiture du parti. L’Iowa n’en comptabilise que 41, soit 1% du total des délégués en jeu.

Preuve de l’intérêt relatif du caucus de l’Iowa, le dernier arrivé à la primaire, le milliardaire Mike Bloomberg, a décidé de carrément ignorer les quatre premiers Etats de la primaire, à savoir l’Iowa, le New Hampshire, le Nevada et la Caroline du Sud.

L’ancien maire de New York estime en effet que tout sera joué lors du Super Tuesday (03 mars). En conséquence, M. Bloomberg a focalisé sa campagne électorale sur un blitz publicitaire dans les Etats en jeu ce jour-là, dont le Texas et la Californie.

En l’espace de deux mois depuis l’annonce de sa candidature en novembre, Bloomberg a dépensé plus de 200 millions de dollars dans des campagnes publicitaires. Une stratégie qui commence à porter ses fruits puisqu’il est déjà à 9% des intentions de vote selon un sondage de NBC/Wall Street Journal publié vendredi.

Mais ce n’est pas un hasard que la plupart des prétendants à la Maison Blanche ont passé plus de temps à faire campagne en Iowa qu’ailleurs. Ce premier scrutin permet en effet de propulser la campagne du vainqueur, et d’enterrer, en cas de sérieux revers, les rêves d’investiture des perdants.

Pour la sénatrice Amy Klobuchar et l’ancien maire de South Bend Pete Buttigieg, qui jouent leur va-tout lundi en Iowa, la défaite est quasi synonyme de fin de leurs ambitions présidentielles.

Pour Bernie Sanders, Joe Biden et Elizabeth Warren, il s’agit davantage de mettre à l’épreuve l’efficacité de leurs campagnes électorales respectives, la victoire étant un plus leur permettant de mieux appréhender le vote décisif du Super Tuesday.

 

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