Comme à chaque rentrée scolaire, les librairies se trouvent envahies en ces temps par les parents et tuteurs, lieux incontournables pour se procurer les manuels et autres fournitures scolaires dont leurs enfants ont besoin, chacun selon son niveau et son établissement, mais cet exercice, s’il est habituel, les met en permanence face au dilemme des dépenses exagérées et des listes “interminables” de fournitures scolaires demandées.

Car outre le côté matériel qui affecte considérabelement les budgets des familles, surtout que la rentrée scolaire coïncide avec les fêtes religieuses et les vacances d’été, les parents se plaignent du poids du cartable et ses problèmes de santé qui pourraient venir compliquer le quotidien de leurs progénitures.

En effet, en ces jours de rentrée, la quantité excessive de fournitures scolaires anime toutes conversations, certains s’interrogeant sur l’utilité de tous ces “lots” requis et s’ils sont réellement utilisés durant l’année scolaire, tout en se plaignant du fait que le secteur échappe au contrôle et à un certain nombre de mesures de règlementation.

Beaucoup, surtout ceux dont les enfants poursuivent leurs études dans des écoles privées, se disent, à cet égard, consternés par les grandes quantités de papier consommées au cours de l’année, malgré la tendance mondiale à économiser le papier et à le recycler dans un souci de réduction des déchets et de protection de l’environnement.

Mohamed est l’un de ces parents qui ne cachent pas leur mécontentement quant à la quantité de fournitures scolaires qu’ils se voient obligés d’acheter chaque année. Il assure que ses enfants n’ont pas besoin de tous ces cahiers dont la grande partie s’avère inutile à la fin de l’année. “Ils n’utilisent parfois que 20 pages d’un cahier de 100 feuilles”, s’indigne-t-il dans une déclaration à la MAP.

En plus des manuels et des cahiers, Mohammed s’interroge sur l’utilité de l’acquisition de stylos, crayons et feutres de toutes formes et couleurs, de plusieurs tubes de colle et de peinture, de portes-feuilles et d’autres fournitures qu’il juge “complètement inutiles”.

Ce parent souligne avoir à maintes reprises communiqué à ce propos avec les responsables de l’école privée où sont inscrits ses enfants, mais ceux-ci l’ont à chaque fois assuré que cette question est du ressort des enseignants qui, selon eux, “sont seuls habilités à décider des besoins des enfants en la matière”.

À son tour, Leila, mère de deux enfants inscrits en deuxième et sixième années du primaire dans un établissement privé, s’étonne de l’absence totale de la surveillance par le ministère de tutelle, qui laisse les familles seules face à des établissements scolaires mal-gérés, et qui exigent des fournitures dépassant très souvent les besoins.

“Pis encore, de nombreuses écoles procèdent à l’achat des manuels et des programmes qu’elles nous revendent aux prix qu’elles fixent elles-mêmes”, martèle la jeune maman qui trouve aussi “sidérant” que la liste des fournitures contienne du papier toilette et des essuies-tout !

“Même les programmes scolaires sont quasi-modifiés chaque année, privant les élèves de la possibilité d’utiliser les manuels usagés”, s’insurge-t-elle encore.

Interrogés sur ces doléances, des responsables pédagogiques d’écoles privées de Rabat ont souligné que les fournitures demandées sont nécessaires au succès du processus éducatif, assurant que le choix des manuels et des fournitures “de qualité” malgré leur coût élevé revient à mettre en valeur les dons des enfants.

Ils ont ajouté que l’établissement de la liste des fournitures scolaires se fait en concertation avec les instituteurs, qui identifient les outils nécessaires pour les aider à mener à bien leur tâche pédagogique et exigent parfois la marque à acheter “afin que tous les élèves disposent des mêmes outils de travail”.

Avec la rentrée scolaire, les librairies allongent leurs horaires de travail pour répondre aux besoins de leur clientèle. À cet égard, Omar, propriétaire d’une librairie à Rabat, déclare que la demande en fournitures scolaires a augmenté en flèche après le retour des familles des vacances d’été. Il ajoute que les fournitures étaient suffisamment disponibles, à l’exception de certains manuels encore en cours d’impression, soulignant que les prix étaient proportionnés à la qualité et répondaient aux besoins de différentes couches sociales.

Le commerçant souligne, par ailleurs, que les exigences des établissements d’enseignement privés en termes de fournitures dépassent de loin celles des écoles publiques, les premières exigeant des marques et des formats particuliers, “pas toujours faciles à trouver chez nos fournisseurs”.

Omar s’est, par ailleurs, indigné de l’application non-réglementaire, par certains revendeurs, d’augmentations sur les prix des cahiers et des fournitures scolaires, à l’exception des manuels dont les prix sont pré-fixés par le ministère de tutelle.

Malgré toutes ces dépenses, les parents n’hésitent pas à ce plier aux exigences des écoles privées, leur consolation étant que ce qui importe, en fin de compte, ce sont les connaissances que leurs enfant acquerront tout au long de l’année.

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