Le militant et intellectuel libanais Lokman Slim, connu pour ses positions critiques envers le mouvement chiite Hezbollah, a été retrouvé mort jeudi, tué par balle, dans le sud du pays, a indiqué une source sécuritaire.

Le chercheur et essayiste de confession chiite, engagé en faveur de la laïcité et de la démocratie et fervent opposant au confessionnalisme qui mine la politique libanaise, avait signalé avoir reçu des menaces en raison de ses positions hostiles au Hezbollah, soutenu par Téhéran.

Slim, 58 ans, a été retrouvé “tué d’une balle dans la tête dans sa voiture” dans la région d’Al-Adoussiyeh, dans le sud du Liban, a indiqu une source sécuritaire sous couvert d’anonymat.

L’épouse et la soeur de la victime avaient signalé sa disparition depuis mercredi soir, indiquant qu’il avait quitté un village du sud libanais et qu’il était censé rentrer à Beyrouth.

“Lokman ne répond pas à son téléphone et n’a pas été vu depuis hier à 20 heures. S’il-vous-plaît, partagez toute information”, avait tweeté son épouse Monika Borgmann dans la nuit de mercredi à jeudi.

Le ministre de l’Intérieur Mohamed Fahmy a dénoncé dans les médias libanais un “crime horrible”, assurant avoir contacté les responsables des appareils sécuritaires pour assurer le suivi de l’affaire.

Sur Twitter, le mot-dièse en arabe Lokman_Slim était en tête des tendances pour le Liban.

Lokman Slim, qui rencontrait parfois de hauts responsables américains de passage à Beyrouth, a souvent été attaqué par la presse pro-Hezbollah pour des positions jugées favorables envers les Etats-Unis.

Il dénonçait également le monopole politique des deux poids lourds chiites, Hezbollah et Amal, au sein de la communauté.

Slim avait fustigé en décembre 2019 les dirigeants de ces deux mouvements chiites, après deux rassemblements pour le “menacer” devant son domicile dans la banlieue de Beyrouth.

Il avait notamment évoqué des affiches collées sur un mur de sa maison l’accusant d’être un traître et le menaçant.

“Par précaution en cas d’atteinte, verbale ou physique, à venir, contre moi, mon épouse, ma maison ou mes proches, je fais porter l’entière responsabilité (…) de ce qui s’est passé, et de ce qu’il pourrait se passer à Hassan Nasrallah et Nabih Berri”, avait-il écrit dans un communiqué, faisant référence au chef du Hezbollah et au chef du parti Amal qui est aussi le président du Parlement libanais.

A cette époque, quelques mois seulement après le soulèvement populaire inédit d’octobre 2019 dénonçant l’incurie des dirigeants, Beyrouth était encore le théâtre de heurts. Des partisans des deux formations chiites attaquaient régulièrement les rassemblements anti-pouvoir.

Le chercheur a beaucoup travaillé sur les problématiques de la mémoire, de la réconciliation et sur la question des disparus après la guerre civile libanaise (1975-1990), à travers son organisation Umam-DR.

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