La France a fustigé jeudi l’inaction des dirigeants libanais six mois après l’explosion meurtrière au port de Beyrouth, regrettant des engagements restés “lettre morte” dans un pays en plein effondrement et une absence de réponses au moment où l’enquête sur ce drame piétine.

“Six mois après l’explosion, il est inacceptable que le peuple libanais attende toujours des réponses de la part de ses dirigeants”, a déploré Anne Grillo, ambassadrice de France au Liban, dans un communiqué.

La gigantesque explosion au port de Beyrouth, provoquée le 4 août par une énorme quantité de nitrate d’ammonium stockée depuis plusieurs années “sans mesure de précaution” de l’aveu même des autorités, a fait plus de 200 morts et 6.500 blessés. Elle a dévasté des quartiers entiers de la capitale.

Depuis, malgré une vingtaine d’interpellations notamment parmi les responsables de la sécurité et du port, l’enquête n’a pas abouti.

Elle a même été suspendue temporairement en décembre, le temps pour les autorités judiciaires de trancher sur une requête présentée par deux ministres incriminés, qui ont réclamé la récusation du magistrat instructeur.

“Six mois après l’explosion, il est inacceptable que le Liban n’ait toujours pas de gouvernement pour répondre à la crise sanitaire et sociale, et engager les réformes structurelles indispensables au redressement et à la stabilité du pays”, a ajouté l’ambassadrice.

Le gouvernement a démissionné après l’explosion mais il gère encore les affaires courantes. Car Saad Hariri, désigné Premier ministre fin octobre, n’a toujours pas formé son équipe, dans un pays habitué aux marchandages politiques interminables.

Le président français Emmanuel Macron s’est rendu à deux reprises au Liban après le drame et il a récemment annoncé son intention d’y retourner.

A l’issue de ses rencontres avec les barons de la politique libanaise, M. Macron avait lancé une “initiative française” visant à sauver un pays englué dans une multitude de crises.

L’ambassadrice a regretté jeudi que “les engagements pris devant le président de la République soient encore lettre morte”.

Cela fait plus d’un an que le Liban est englué dans une grave crise économique qui s’accompagne d’une dépréciation inédite de sa monnaie, d’une hyperinflation, de licenciements massifs et de restrictions bancaires drastiques. L’explosion et la pandémie de coronavirus (309.162 cas, dont 3.315 décès) ont aggravé la situation.

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