Les électeurs suisses se rendront, dimanche prochain, aux urnes pour renouveler leur Parlement, le Conseil National et le Conseil des Etats, un scrutin pour lequel le parti de l’Union démocratique du Cente (UDC, droite conservatrice) est donné favori par les sondages malgré la forte progression des écologistes dans un pays connu pour sa démocratie directe et les référendums populaires qui témoignent du pragmatisme et du consensus propres au système politique helvétique.

Le dernier sondage avant les élections fédérales du 20 octobre montre que l’UDC devrait rester le premier parti du pays avec 27,9% des intentions de vote, soit moins de 1,5 % par rapport à 2015. En revanche, les partis écologistes, portés par la forte mobilisation des jeunes en faveur de l’urgence climatique, ont affiché une nette augmentation de popularité, en piochant dans le réservoir des partis de droite autant que dans celui de gauche.

Dans le camp de la gauche, le Parti socialiste (PS) accuse une baisse de 0,6 point mais parvient tout de même à maintenir sa deuxième place. Globalement, la gauche pourrait ressortir renforcée de ce scrutin grâce à la poussée attendue des Verts. La troisième force politique du pays, le Parti libéral-radical (PLR), affiche, quant à lui, un recul de 1,2 point depuis 2015, avec une décrue marquée depuis le baromètre de septembre.

Les formations écologistes sont en effet les seules à afficher une progression dans le sondage. Les Verts enregistrent une hausse de 3,6 points et se dirigent vers un record de 10,7%. Si ce score se confirme, ils dépasseraient pour la première fois le PDC, actuel quatrième parti de Suisse. Les Vert’libéraux peuvent également espérer leur meilleur résultat de leur histoire (7,3%, +2,7).

Selon le dernier sondage, les coûts de la santé arrivent une nouvelle fois en tête des préoccupations des sondés. Pour 70% d’entre eux, il s’agit d’un problème politique persistant. Les rentes (62%) et le changement climatique (52%) viennent ensuite. Les considérations environnementales intègrent ainsi pour la première fois le podium.

Les relations entre la Suisse et l’Union européenne (46%) glissent ainsi au quatrième rang. Seuls 39% des sondés s’inquiètent encore de l’immigration et 33% du système d’asile

Ces élections fédérales ne devraient pas changer radicalement la répartition des forces en présence au sein du Parlement. Le système suisse étant proportionnel et non majoritaire, les gains et les pertes de sièges ne débouchent pas sur des bouleversements politiques tel qu’on peut les voir en France ou aux Etats-Unis, par exemple. Le système des alliances restera en sens indispensable pour parvenir à des majorités.

“Dans près de la moitié des cantons, la répartition des sièges ne devrait pas changer”, d’après les estimations de l’agence de presse suisse Keystone-ATS. “Si ces dernières se réalisent, les forces politiques n’en seront pas chamboulées. Malgré une baisse de près de 20% du nombre de sièges, l’UDC resterait le plus fort groupe. La majorité serait recentrée, mais demeurerait à droite”, relève ATS.

Les élections de dimanche prochain pour le renouvellement du parlement en Suisse se distinguent, par ailleurs, par un nombre record de 4.660 candidats, soit une augmentation de 22,8% par rapport à 2015. A l’instar du nombre de candidatures, le nombre de listes déposées en prévision des élections du 20 octobre à fortement augmenté.

Avec 40 listes déposées, le Valais est désormais le canton avec le plus de listes à son actif, dépassant même Zurich qui, depuis la fin des années 1970, arrivait systématiquement en pole position.

Le Parlement suisse est constitué de deux Chambres: le Conseil national (Chambre basse) et le Conseil des Etats (Chambre haute). Le conseil national compte 200 sièges, qui sont répartis entre les 26 cantons proportionnellement à la taille de leur population, tandis que le Conseil des Etats représente les 26 cantons suisses. Il compte 46 membres.

Outre sa mission fondamentale de légiférer sur les différentes questions dans le cadre d’un système politique prenant en compte les résultats des référendums populaires, qui sont organisés souvent dans le pays, le parlement en Suisse est chargé également de l’élection des sept membres du gouvernement (conseil fédéral) et du chancelier de la Confédération.

Réunies en Assemblée fédérale, les deux chambres du parlement – le Conseil national et le Conseil des Etats – les élisent au début de chaque nouvelle législature pour un mandat de quatre ans.

En 2015, les élections au Conseil national avaient donné lieu à un net virage à droite avec 11 sièges de plus pour l’UDC qui avait remporté un total de 29,4% des voix. Deuxième force du pays, le Parti socialiste avait lui quasiment stagné en termes de suffrages (18,7%, contre 18,8% quatre ans auparavant), mais il avait tout de même perdu trois sièges en quatre ans (de 46 à 43 députés).

 

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