Après leurs cinq titres en club, les stars du Bayern retrouvent samedi la sélection allemande, qui aura bien besoin de leur mental de guerriers pour sortir d’une série noire inquiétante.

A Kiev en Ligue des Nations (samedi 20h45), contre une Ukraine complètement décimée par le coronavirus et qui vient de se faire étriller 7-1 à Paris, tout autre résultat qu’une victoire serait une catastrophe pour le sélectionneur Joachim Löw et sa troupe.

La Mannschaft, depuis la reprise des matches internationaux en septembre, vient en effet de concéder trois nuls après avoir mené, dont deux fois en encaissant un but dans le temps additionnel. En Ligue des Nations en septembre contre l’Espagne puis la Suisse (1-1 à chaque fois), et de nouveau mercredi en amical contre la Turquie (3-3, après avoir mené trois fois).

“Nous avons ce problème depuis longtemps”, a reconnu le sélectionneur Joachim Löw, “c’est aussi une question de concentration et de mentalité”. Et le fait que l’équipe depuis septembre soit une équipe “B” ne doit pas être une excuse: “Ca nous est arrivé avec d’autres joueurs”, a rappelé le coach.

En fait, en six rencontres de Ligue des Nations depuis la création de la compétition en 2019, les quadruples champions du monde n’en ont toujours pas gagné une seule. Leur dernière victoire remonte à novembre 2019 (6-1 contre l’Irlande du Nord en éliminatoires de l’Euro).

Après la prestation contre la Turquie, les commentateurs du foot allemand n’ont pas été tendres. Pour Jürgen Kohler, champion du monde 1990 et chroniqueur du magazine Kicker, l’équipe nationale manque “d’enthousiasme, d’engagement et de passion”. “Ces derniers temps, j’ai souvent eu l’impression que les matches tournaient en rond, je n’ai pas pris de plaisir à regarder”, déplore-t-il.

Avant le déplacement en Ukraine et la réception de la Suisse mardi à Cologne, “Löw est sous pression du résultat, même s’il considère la Ligue des Nations comme une compétition secondaire”, note Kicker.

Le sélectionneur, qui avait laissé ses Munichois au repos après leur historique quintuplé (coupe, championnat, Ligue des champions puis Supercoupes d’Allemagne et d’Europe en septembre), espère donc que le retour simultané du capitaine Manuel Neuer, fraîchement couronné meilleur gardien UEFA de l’année, de Niklas Süle en défense centrale, du duo Joshua Kimmich/Leon Goretzka en milieu de terrain, et de Serge Gnabry devant, lui épargnera une nouvelle crise, après 14 ans de pouvoir.

Ces cinq-là, auxquels il faut ajouter les autres revenants Toni Kroos et Timo Werner, devraient, en principe, faire pencher nettement la balance en faveur des Allemands.

En principe… car les vedettes du Bayern, ces deux dernières semaines, ont elles aussi donné des signes de fatigue très nets: loin d’être dominateurs comme en fin de saison dernière, les Bavarois ont concédé une lourde défaite 4-1 en championnat contre Hoffenheim, et ont dû batailler pour venir à bout du Hertha Berlin dimanche dernier, 4-3 grâce à un penalty dans le temps additionnel.

Or, ils auront besoin de toutes leurs forces physiques et mentales pour redresser la barre en Ligue des Nations, et accessoirement reconquérir l’opinion. Avant ces deux rencontres, l’Allemagne est troisième de son groupe avec deux points, derrière l’Espagne (4 pts) et l’Ukraine (3 pts).

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