Les ressources humaines constituent un pilier essentiel pour tout programme de réforme, a souligné, mercredi à Rabat, le Délégué général à l’Administration pénitentiaire et à la réinsertion, Mohamed Salah Tamek.

Lors de la présentation du budget sectoriel de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) au titre de l’exercice 2023 devant la commission de Justice, de législation et des droits de l’Homme à la Chambre des Conseillers, M. Tamek a affirmé que la DGAPR œuvre constamment pour renforcer ses ressources humaines à travers la formation, le recrutement, la gestion de la mobilité et la motivation.

Dans ce sens, il a précisé que 628 nouveaux fonctionnaires ont été recrutés en 2022, qui ont tous bénéficié de sessions de formation de base, en plus de l’organisation de formations continues dans divers domaines au profit de 2.695 fonctionnaires.

Et dans le but de consacrer la volonté de promotion du système carcéral et de développement de son fonctionnement, la DGAPR aspire à la conjugaison des efforts de l’ensemble des acteurs concernés et à la prise en considération des besoins financiers découlant de ses orientations stratégiques, afin de donner à ce secteur la place qu’il mérite au sein des politiques publiques, au vu de la nature de ses missions qui englobe notamment les aspects sécuritaires, des droits de l’Homme et de la réinsertion, a-t-il ajouté.

D’autre part, M. Tamek a relevé que la DGAPR poursuit ses efforts pour améliorer les conditions sociales de ses fonctionnaires, notamment en termes de soutien des prestations sociales de l’Association de solidarité sociale ou la généralisation des mesures de promotion exceptionnelle.

De même, la DGAPR déploie des efforts “exceptionnels” pour préserver les acquis et être “à la hauteur des défis actuels et futurs”, a-t-il affirmé.

Par ailleurs, le Délégué Général a salué l’initiative du ministère de la Justice visant à mettre en place les peines alternatives à travers un texte juridique dédié, de manière à réduire le taux de la détention provisoire.

Il a aussi indiqué que la DGAPR ambitionne de mettre en place une nouvelle vision pour la construction des établissements pénitentiaires, qui a été annoncée l’année dernière dans le cadre d’une proposition soumise au ministère de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration et qui est en cours d’étude.

Cette proposition vise à réduire la charge sur le budget de l’État en procédant à la construction des établissements pénitentiaires dans le cadre d’un partenariat avec le secteur privé ou à travers le mécanisme de financement institutionnel.

A cet égard, M. Tamek a noté que la DGAPR continue de mettre en œuvre ses programmes et projets tels que tracés dans son plan stratégique 2022-2026, tout en recherchant les solutions possibles pour appuyer ces efforts, dont les partenariats et la coopération avec l’ensemble des institutions et acteurs susceptibles de contribuer à la promotion du système pénitentiaire et à l’amélioration des conditions des détenus, en particulier les conseils des régions.

Abordant les réalisations en matière d’humanisation des conditions de détention, il a mis en exergue les efforts de la DGAPR visant à augmenter la capacité d’accueil et améliorer la qualité de l’alimentation, de l’hygiène et des prestations de santé, tout en veillant à la consécration de l’approche des droits de l’Homme aux sein des établissements pénitentiaires.

A ce sujet, il a affirmé que la Délégation Générale entend intégrer les services de santé dans les prisons aux réformes du système national de la santé, dans le cadre du projet de loi-cadre 06-22.

Concernant les efforts de consécration de l’approche des droits de l’Homme en milieu carcéral, M. Tamek a noté que la DGAPR continue à œuvrer pour consolider la culture des droits de l’Homme auprès des fonctionnaires et responsables des établissements pénitentiaires, à travers les mécanismes de la formation de base et de la formation continue dans les domaines des droits de l’Homme et de la prévention de la torture.

Ces efforts portent aussi sur le renforcement de l’ouverture et de la coopération avec les mécanismes de contrôle nationaux, notamment le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), ainsi que les organisations internationales concernées et les ONG œuvrant dans ce domaine.

Pour ce qui est du volet de la réhabilitation et la réinsertion des détenus, la DGAPR veille à la modernisation continue du système de formation pour la réinsertion, en développant les programmes de formation et en élaborant de nouveaux programmes qui vont au-delà des activités classiques ayant un impact limité en raison de la diversité et la multiplicité des catégories de détenus.

M. Tamek a cité, à titre d’exemples, les programmes “Prisons productives”, “Ciné-clubs Noureddine Saïl dans les établissements pénitentiaires du Maroc” et “Moussalaha”, ainsi que la 3ème édition du Festival du film de Oukacha ou encore la Conférence de consensus sur la réinsertion sociale des détenus au Maroc.

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