La Chambre des conseillers est convaincue que la mise en œuvre du Plan de développement durable 2030 ne nécessite pas uniquement des ressources financières mais également une volonté politique et un consensus sociétal, a indiqué, mercredi à Rabat, le président de la Chambre des conseillers, Hakim Benchemach.

S’exprimant lors d’une table-ronde autour du rapport thématique rendu public par la Cour des comptes, notamment le degré de préparation du Maroc à la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD) 2015-2030, M. Benchemach a souligné que l’adaptation du plan des ODD aux données nationales constitue un prélude pour atteindre ces objectifs, mettant l’accent sur le rôle crucial du parlement dans la réalisation des ODD à travers la législation, le contrôle et la l’évaluation, d’où s’impose une coopération étroite entre l’ensemble des acteurs en matière de transfert des expertises et de bonnes pratiques.

Dans ce contexte, il a souligné qu’il incombe aux parlementaires d’appuyer les objectifs de développement durable, dans le sens où l’objectif 16 revêt une importance particulière auprès des parlementaires, partant du fait qu’il vise à promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement durable, assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous.

L’élaboration des rapports volontaristes pour leur présentation au forum politique de haut niveau est une occasion propice pour sensibiliser les citoyens aux plans de développement durable, coordonner entre les différents intervenants, identifier les responsabilités et mobiliser les partenariats, tout en fixant les priorités en les mettant en adéquation avec les réalités et les spécificités du Royaume en vue de la mise en œuvre optimale des dispositions des ODD.

De même, il a fait savoir que la Chambre des conseillers a une composition particulière, marquée par ses multiples composantes territoriales, syndicales et professionnelles, notant que le parlement peut, partant de ses attributions constitutionnelles, participer à la mise en oeuvre de ces objectifs au niveau national.

Dans ce cadre, il a précisé que le parlement a oeuvré pour mettre en place des mécanismes d’évaluation des politiques publiques, en relation avec les objectifs de l’agenda 2030 pour le développement durable, dans le cadre d’une feuille de route s’étalant sur la période 2016-2018.

“Ces mécanismes portent notamment sur la mise en place d’un cadre d’évaluation des répercussions des lois et règlements sur l’égalité entre hommes et femmes, ainsi que sur les collectivités locales”, a-t-il souligné.

Ces mesures comprennent également l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030, en tant que référentiel dans un certain nombre de documents et déclarations émanant de la Chambre des conseillers, tels que “le document référentiel relatif au modèle marocain de la justice sociale”, et la “Déclaration de Rabat sur le rôle du parlement dans la mise en œuvre des ODD’’.

Pour sa part, la Secrétaire d’État chargée du Développement durable, Nezha El Ouafi a noté que l’adhésion du Maroc au processus visant à accélérer la mise en œuvre des ODD s’est renforcée par l’adoption de la stratégie nationale de développement durable 2030.

Cette stratégie qui a été élaborée en concertation avec tous les acteurs nationaux , y compris les autorités publiques, secteur privé et représentants de la société civile, a poursuivi Mme El Ouafi, repose sur des référents constitutionnels et juridiques clairs et constitue un mécanisme efficace pour atteindre les ODD à l’horizon 2030.

Dans cette lignée, elle a fait savoir que son département a lancé une étude afin de déterminer les meilleurs moyens visant à inciter tous les intervenants à mettre en œuvre le plan 2030 sur le terrain et à définir ses 17 objectifs, qui constituent le clé de voûte pour concilier entre le développement économique, la préservation de l’environnement et le bien-être social.

Les résultats préliminaires de l’étude ont montré que la stratégie nationale de développement durable couvre 70% des objectifs fixés dans les nouveaux agendas des Nations Unies de développement durable de 2030, a-t-elle ajouté.

Mme El Ouafi n’a pas manqué de souligner le rôle primordial de l’institution législative dans la mise en œuvre des ODD, par le biais du contrôle, de la législation, notamment par le biais de leur intégration dans les politiques publiques.

Cette rencontre a été marquée par la présentation des recommandations du rapport thématique sur “l’état de préparation du Maroc pour la mise en œuvre des ODD 2015-2030” adoptés par l’Assemblée Générale des Nations Unies, lequel rapport a été publié en février dernier par la Cour des comptes en février dernier.

La Cour des comptes avait souligné dans ses recommandations que le Maroc est engagé de manière claire à mettre en œuvre le Programme 2030 et dispose d’un cadre constitutionnel et législatif favorable pour son exécution, rappelant l’organisation d’une consultation nationale en 2016 afin d’initier un débat national entre les différents acteurs concernés par la mise en œuvre des ODD.

Toutefois, la Cour a fait état de l’absence d’un cadre institutionnel national dont la mission est d’améliorer le niveau de coordination et de complémentarité entre les parties prenantes, notant que le gouvernement n’a pas pris les mesures nécessaires pour mettre en œuvre les recommandations issues de ces consultations.

Initiée par la Chambre des conseillers avec le soutien de la Fondation Westminster pour la démocratie et l’ambassade du Royaume-Uni à Rabat, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’agenda annuel du Centre d’études et de recherches dans les affaires parlementaires, relevant de l’institution législative.

Elle a été marquée par la participation de représentants de départements gouvernementaux, de la Cour des comptes, du Conseil national des droits de l’Homme et du Haut commissariat au Plan ayant débattu des dysfonctionnements relevés et la capacité d’interaction avec les recommandations émises, à travers l’implication des parties concernées par l’exécution, le suivi et l’évaluation.

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