Les nouvelles technologies ont permis à l’industrie des jeux-vidéo de flamber comme jamais, subissant ainsi une transformation digitale et économique sur tous les niveaux. Internet en était la clé facilitant l’accès fluide et rapide aux jeux en ligne et l’interaction entre des joueurs du monde entier, qui sont désormais une cible privilégiée pour l’Advergaming.

Cette industrie technologique fonctionnant sur des logiciels, des processeurs et des plates-formes technologiques de pointe se nourrit par d’autres industries grandioses générant ainsi une chaîne de valeur très forte et dynamique (conception technique et artistique, programmation, production audiovisuelle, marketing, publicité..).

Ce secteur, qui se développe et se diversifie chaque instant sur le marché mondial, trouve de nouvelles sources de revenus dans le segment des smartphones, des tablettes et des services de streaming de jeux vidéo et d’autres segments tels que le cinéma, high-tech, les jouets et les vêtements.

Avec des millions de joueurs dans le monde, l’industrie des “video games” est devenue elle-même un support publicitaire. L’Advergaming est une pratique, parmi d’autres, utilisée par les publicitaires et qui consiste à placer et mettre en scène les produits de la marque dans un jeu. Dès lors, le recours des marques aux jeux vidéos devient de plus en plus répandu.

Téléchargements, streaming, achats en ligne, nombre de visiteurs en croissance …ont incité plusieurs marques de se lancer sur le créneau des video-games pour mieux vendre même en période de crise. Alors que de nombreux marchés se sont effondrés en raison de la pandémie, quasi-tous les indicateurs de l’industrie du gaming étaient en territoire positif, seuls les magasins spécialisés étaient en arrêt. Le secteur est fortement préparé pour entamer la prochaine décennie sur les chapeaux de roues.

“Le secteur n’a pas eu besoin de prendre le sévère break, puisque les productions pouvaient facilement se réaliser par le biais du “work-office“ et à distance, contrairement à ce qui se passe avec le cinéma et la télévision, qui étaient dans l’obligation d’arrêter leurs activités” a indiqué, dans une déclaration à la MAP, Hachim, gamer et étudiant international en marketing et actions commerciales.

“Pour la plupart, les jeux vidéo sont considérés comme une distraction pour passer le temps, or plusieurs jeux peuvent être des instruments d’apprentissage, facilitant l’intégration et la résolution des conflits”, a fait observer ce jeune qui a la fièvre des video-games, notant que les jeux sont utilisés de plus en plus à des fins publicitaires.

La vente des gadgets personnalisés (t-shirts, sweats à capuche, mugs, accessoires..) est devenue tout un business qui “surfe” sur les sentiments de plusieurs gamers désirant appartenir à une communauté d’un game spécifique, a-t-il précisé.

Et de poursuivre : “Hormis, le commerce qu’il y a derrière, les jeux vidéos constituent un moyen excellent pour déstresser et s’évader dans un monde à la fois numérique, imaginaire et surtout proche de soi”. Pendant la quarantaine, a-t-il dit, j’ai pu avancé dans mes jeux vidéos, de franchir plusieurs “levels”, d’en découvrir d’autres, mais aussi sociabiliser avec d’autres joueurs du monde entier .

Pour tirer profit de la demande de plus en plus exponentielle sur le marché international, Sabyl, game-designer, s’est consacré à la programmation et conception des jeux vidéo. Cette croissance sans fin, selon ce jeune franco-marocain, va générer de nombreuses opportunités pour tous les acteurs de l’écosystème gaming, notamment avec les entreprises qui fleurissent jour après jour dans le monde. “C’est une activité rentable et qui, à terme, pourrait rapporter plus”, a-t-il souligné.

Certes, ce marché prometteur fait face à d’énormes défis malheureusement, mais il faut croire en l’avenir et surtout “persévérer”, a-t-il insisté.

Le gaming est plus qu’une discipline, c’est une passion qui va au delà du simple jeu, a-t-il noté, ajoutant que l’industrie des vidéoludiques pourrait être un moteur de création d’emplois et de revenus pour le pays.

Pour Hakam Boubker, spécialiste du gaming et fondateur du Versus Arena Gaming Center, le jeux vidéo est aujourd’hui l’accomplissement de plusieurs arts condensés en un seul qui ne cesse de surprendre de part son immersion et son impact.

“De par l’expérience acquise, il y avait une demande assez intéressante pour nous encourager à persévérer et ne pas lâcher notre rêve, celui de faire un centre de Gaming rassemblant les joueurs les plus passionnés des jeux en ligne”, a-t-il relevé, notant que ce constat se concrétise par notre collaboration avec des associations E-sport (sport électronique), car nous avons pu découvrir par leur biais, une forte présence de Gamers marocains”, a noté Boubker.

A niveau local, a-t-il dit, ce secteur est encore à la traîne. “L’industrie du jeu vidéo est quasi-inexistante, malheureusement nous ne disposons pas de studios de développement de jeux-vidéo, chose qui est bien dommage, car aujourd’hui ce secteur croit d’une façon aussi vorace que passionnée”, a-t-il déploré.

Pour ce qui est du gaming online, il a souligné que celui-ci est en perpétuelle croissance. “Aujourd’hui on ne peut compter les jeux qui se jouent en ligne”, a-t-il relevé.

S’agissant de la reprise post-confinement, en tenant compte de la délicatesse de la situation actuelle, Boubker a mis en avant la difficulté de maintenir la cadence en termes de rentabilité. “La fréquentation actuelle de nos locaux varie selon les jours, mais néanmoins ça se joue entre 8 et 10%. Et effectivement, nous avons constaté une baisse drastique en comparaison avec les jours ou la pandémie n’était pas de à l’ordre du jour”, a-t-il fait savoir.

L’annulation des rendez-vous de gaming internationaux et nationaux (Casablanca Gaming Expo qui a été prévu du 27 au 29 mars), causée par la crise actuelle, pourrait entraver les développeurs pour se lancer davantage dans le secteur.

L’annulation du Casablanca Gaming Expo a eu un impact majeur, a estimé le spécialiste de l’industrie vidéoludique, notant que cela constituera un handicap de taille pour les nouveaux entrants dans ce secteur.

Toutefois, on ne devrait pas se décourager, mais plutôt s’aligner sur la situation actuelle et essayer de survivre au mieux, le temps que cette pandémie s’amenuise, a-t-il précisé.

Face à la crise sanitaire mondiale, plusieurs événements de gaming ont changé de format, notamment le MEGAMIGS (l’événement numéro un dans le secteur du jeu vidéo au Canada) qui tient sa rencontre annuelle normalement à Montréal, et qui optera pour un format virtuel lors de son édition de 2020. Plus de 2500 amateurs, experts internationaux du secteur, étudiants et professionnels seront rassemblés de façon virtuelle, les 25 et 26 septembre, pour échanger sur les différentes facettes de cette industrie vidéoludique.

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