La signature d’un accord migratoire entre Washington et le Guatemala, qui devra à terme accueillir les migrants cherchant à gagner les Etats-Unis, a soulevé un tollé dans ce pays où plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés mercredi devant un hôtel de la capitale, alors que l’Université publique est occupée depuis la veille par des étudiants également opposés à cet accord.
Opposants et ONG font valoir que ce pays, où 60% de la population vit en-deça du seuil de pauvreté, sera bien incapable d’accueillir dignement les migrants cherchant à gagner les Etats-Unis, comme le prévoit l’accord.
Des centaines d’étudiants ont bloqué les accès de l’université publique San Carlos et ont occupé le campus pour protester contre ce texte et contre les projets de privatisation de cette université, l’unique publique du pays.
Selon la Maison Blanche, le Guatemala serait dorénavant considéré comme un “pays tiers sûr” auprès duquel les demandeurs d’asile devront effectuer leurs premières démarches.
Le secrétaire américain à la sécurité nationale par intérim Kevin McAleenan est actuellement au Guatemala pour une visite de deux jours afin d’assurer le suivi de cet accord qu’il a signé avec le ministre guatémaltèque de l’Intérieur Enrique Degenhart. Les chefs d’entreprise guatémaltèques, soulagés de voir s’éloigner les menaces de sanctions américaines, ont été les seuls à se réjouir de la conclusion de l’accord.
Le Procureur des droits de l’Homme au Guatemala, Jordan Rodas, a présenté deux recours devant la Cour constitutionnelle demandant de bloquer son entrée en vigueur, ainsi que la destitution du ministre de l’Intérieur, pour avoir signé le pacte migratoire à Washington sans en avoir la compétence.

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