Les eurodéputés ont rejeté la pression de la Turquie qui joue la carte de la migration à des “fins politiques” dans une tentative d’obtenir le soutien de l’Union européenne (UE) sur la situation en Syrie.

Lors d’un débat avec la commission européenne et la présidence croate du Conseil de l’UE, les députés européens ont souligné l’impératif pour l’UE d’aider la Grèce à gérer sa frontière extérieure, tout en garantissant le droit d’asile à ceux qui en ont besoin.

Tout en appelant à éviter que la crise des réfugiés de 2015 ne se reproduise, ils ont insisté pour que l’UE mette à jour ses règles en matière d’asile.

Certains chefs de groupes politiques ont notamment appelé à une révision de l’accord avec la Turquie conclu en 2016 pour freiner le flux de migrants et de demandeurs d’asile en échange d’une aide financière de l’UE, tandis que d’autres ont fait part de leur préoccupation quant à la situation humanitaire détériorée à la fois à la frontière avec la Turquie mais également sur les îles grecques, où des milliers de demandeurs d’asile, dont de nombreux mineurs non accompagnés, sont bloqués.

La nécessité de respecter la Convention de Genève et d’offrir une protection aux réfugiés, les allégations de violence policière à l’encontre des personnes tentant de passer la frontière et les risques posés par la possible entrée de djihadistes sur le territoire de l’UE ont également été évoqués au cours du débat.

Ce débat intervenait au lendemain d’une visite du président turc Recep Tayyip Erdogan, cette semaine à Bruxelles, où il a eu des entretiens avec les dirigeants de l’UE et de l’OTAN.

Les présidents de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Conseil européen, Charles Michel, ont appelé, à cette occasion, la Turquie à respecter ses engagements issus de l’accord signé avec l’UE en mars 2016 pour réduire la migration vers l’Europe, en échange d’une aide financière à Ankara.

D’après les chiffres de l’exécutif européen, sur les 6 milliards d’euros d’aide prévue dans le cadre de cet accord, 4,7 milliards ont été engagés dont 3,2 milliards déjà décaissés, un montant que le président Erdogan juge insuffisant pour assurer la prise en charge des quelque quatre millions de migrants et de réfugiés, principalement fuyant le conflit en Syrie.

Lors de sa visite à Bruxelles, le président turc a également rencontré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, pour réclamer “un soutien concret” de l’Alliance atlantique dans le conflit en Syrie ainsi que pour face aux millions de réfugiés engendrés par les combats.

A cet égard, M. Stoltenberg a assuré Ankara du soutien de l’OTAN, en faisant part de sa “grande préoccupation” sur les événements à la frontière gréco-turque.

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