Le nouveau coronavirus ne s’est pas contenté de dévaster la santé des Hommes, mais il a également sapé leur mode de vie et certaines valeurs fondamentales qui régissaient, jusque-là, la vie au sein des sociétés libres.

La nécessite de répondre efficacement à la crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19 a mis les États du monde face à un défi majeur, tant au niveau social, politique que juridique. Ces derniers se devaient de concilier entre l’urgence sanitaire et l’objectif de toute société moderne qui est de garantir la démocratie, l’État de droit et les droits de l’Homme.

Célébrée annuellement à la date du 10 décembre, la Journée internationale des droits de l’Homme intervient cette année dans ce contexte de pandémie mondiale, ayant entraîné une aggravation de la pauvreté, l’exacerbation des inégalités et par conséquent un déclin en matière de respect des droits fondamentaux.

D’après l’Organisation internationale du Travail, quelque 1,6 milliard de travailleurs informels devraient voir leur revenus diminuer en raison de la pandémie, alors que près de la moitié de la population mondiale tente de survivre sans aucune protection sociale.

Au niveau de la sphère étatique, les pertes d’emplois massives, les faillites, la contraction du PIB, les difficultés des petites entreprises et les changements de comportement du public ont mis à nu les inégalités sociales et l’urgence d’un renforcement de l’approche des droits humains.

Dans la sphère privée, les retombées néfastes de la crise, tant économiques que psychologiques, engendrées par les restrictions de déplacements et les confinements, ont malheureusement apporté leur lot de violations des droits humains jusque dans les foyers.

En effet, les derniers mois nous ont prouvé que nombre de groupes vulnérables sont plus affectés par les répercussions de la crise. L’augmentation des violences domestiques en est une représentation frappante, elle est souvent expliquée par le stress économique occasionné par la pandémie.

Au Maroc par exemple, les violences basées sur le genre se sont accentuées de 31,6% durant les périodes de confinement et d’urgence sanitaire par rapport à la même période de l’année 2019.

Selon la Fédération des ligues des droits des femmes (FLDF), un total de 4.663 actes de différentes formes de violences faites aux femmes a été enregistré au cours de la même période.

La violence psychologique a représenté le taux le plus élevé avec 47,9%, suivie par la violence économique avec 26,9% et la violence physique (15,2%), a précisé la FLDF.

Il est donc naturel, compte tenu de l’ensemble de ces éléments, que le thème de la Journée des droits de l’Homme de cette année soit lié à la pandémie, en mettant l’accent sur la nécessité de “reconstruire en mieux”, en veillant à ce que ces droits a soient au cœur des efforts de relèvement.

À cette occasion, l’Organisation des Nations unies a soutenu que “nous n’atteindrons nos objectifs mondiaux communs que si nous sommes capables de créer l’égalité des chances pour tous, de remédier aux échecs qui ont été mis en lumière par la Covid-19 et qui ont favorisé la crise et d’appliquer les normes relatives aux droits de l’Homme pour lutter contre les inégalités, l’exclusion et la discrimination profondément ancrées, systématiques et intergénérationnelles.”

Le 10 décembre, qui commémore l’adoption en 1948 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme par l’Assemblée générale des Nations Unies, vient nous rappeler ce document fondateur qui a proclamé les droits inaliénables de chaque individu en tant qu’être humain, sans distinction aucune.

Dans un monde en quête inlassable de vaccin, cette date peut servir de piqûre de rappel à la société internationale pour l’encourager à poursuivre son combat contre les inégalités et toutes les formes de discrimination, à la faveur de la solidarité et du développement durable.

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