Les Boliviens sont appelés à élire dimanche un nouveau président, après l’échec du scrutin de 2019 entaché de soupçons de fraude, à l’issue d’une campagne polarisée, marquée par la pandémie et la détérioration de l’économie.

Les 7,3 millions d’électeurs sont contraints de retourner aux urnes pour départager six candidats, un an après la confusion qui a entouré les résultats donnant vainqueur le président en exercice, Evo Morales, qui briguait un quatrième mandat.

L’opposition a crié à la fraude, les rues ont été prise d’assaut et l’armée a finalement lâché le premier président indigène de Bolivie (2006-2019), qui s’est enfui au Mexique, puis en Argentine.

Une présidente intérimaire, Jeanine Añez, a été désignée et les institutions ont continué de fonctionner, tandis que le pays a affronté la pandémie de coronavirus qui a fait 8.000 morts.

Bien qu’en exil, Evo Morales, emblématique dirigeant socialiste de la Bolivie, ami des pouvoirs de Cuba et du Venezuela, a continué de peser de tout son poids dans la campagne, adoubant son dauphin, son ancien ministre de l’Economie Luis Arce, favori des derniers sondages (33,6%).

Considéré comme l’architecte du “miracle économique” de la Bolivie, il forme avec l’ancien président centriste Carlos Mesa (2003-2005), crédité de 26,8% d’intentions de vote, le duo de favoris.

M. Mesa, journaliste, historien et écrivain, était candidat lors du scrutin de 2019. Il était arrivé en deuxième position.

La campagne électorale s’est focalisée sur l’économie de ce pays de 11 millions d’habitants où la croissance ralentit depuis 2014 et le déficit public se creuse.

La Bolivie est l’un des pays les plus pauvres d’Amérique du Sud, malgré ses vastes ressources naturelles, principalement gaz, lithium, fer et cuivre. Elle possède la plus forte proportion d’Amérindiens du continent.

“La Bolivie doit retrouver le chemin de la stabilité, de la croissance économique et de la justice sociale”, a lancé Luis Arce. Il a mis en avant les années glorieuses où il était en fonction (2006-2017, 2019), lorsque le pays a connu une croissance annuelle moyenne de 4,9% entre 2004 et 2014.

La nationalisation des hydrocarbures en 2006 a fait passer le produit intérieur brut de 9,5 à 40,8 milliards de dollars et a réduit la pauvreté de 60% à 37%, selon les données officielles.

Pour Carlos Mesa, aucun mérite ne revient au Mouvement vers le Socialisme (MAS), créé par Morales et aujourd’hui dirigé par Arce, mais à un marché des matières premières florissant qui a en outre alimenté “la corruption”.

Si ces abondantes ressources ont permis à l’Etat de mieux répartir les richesses, les réformes économiques structurelles pour assurer une croissance soutenue ont manqué, selon M. Mesa. Et depuis que les cours des matières premières baissent, le déficit grandit.

Avec une baisse annoncée du PIB de 6,2% en 2020, selon le FMI, le futur président, quel qu’il soit, sera confronté à des contraintes financières majeures.

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