L’enseignant occupe une place “supérieure à celle du père” en termes d’éducation et d’enseignement, a estimé, mardi 17 décembre à Rabat, Mme Rahma Bourqia, membre de l’Académie du Royaume du Maroc, lors de la 4è séance de la 46è session de l’Académie du Royaume, relative au savoir et à l’éducation.

S’exprimant à cette occasion, Mme Bourqia a mis en avant l’expérience aboutie et inégalée de certains pays asiatiques en terme d’éducation et d’enseignement reflétant le “miracle asiatique”, ajoutant que l’éducation asiatique est une “pépinière” pour l’indépendance, l’autonomie et l’esprit critique des étudiants.

Dans ce sens, Mme Bourqia a pris, à titre d’exemple, le système éducatif japonais qui repose sur la consécration des rituels du travail commun permettant d’organiser la vie scolaire, notamment par la manière de s’asseoir et de saluer le maître qui pousse l’élève à prendre conscience de l’importance de la discipline, de l’engagement et du rapport de déférence entre l’apprenant et l’enseignant.

“Dans la plupart des pays, les systèmes éducatifs sont confrontés à des questions sur l’efficacité de leurs performances, dans le cadre d’une mondialisation caractérisée par la dominance de la concurrence dans la recherche des systèmes d’éducation et de formation à se hisser au niveau international”, a-t-elle fait observer.

Pour sa part, le vice-président de l’université de Tokyo, Haneda Masashi, a relevé l’importance de la langue comme objet de recherche dans l’enseignement supérieur au sein des universités japonaises, en la définissant comme étant un outil sophistiqué et un élément d’identification fort pour chaque pays.

M. Masashi a, en outre, souligné que l’anglais est devenu une langue internationale commune avec la poussée de la mondialisation et l’essor de la technologie, permettant aux différents pays de communiquer partiellement.

Chaque langue a son propre système de pensée et ses propres caractéristiques cognitives qui entravent la traduction des conclusions des recherches scientifiques mot par mot, a-t-il poursuivi.

Par ailleurs, le professeur de droit international comparé, Shoji Matsumoto, a précisé que le droit peut régler les réformes et vice-versa, afin de susciter la croissance, soulignant que sans réglementation, la mise en œuvre de la réforme va dépendre des émotions humaines.

“Après un long isolement volontaire, le Japon a adopté une politique rationnelle dans sa renaissance actuelle, lui permettant d’assimiler les fruits de la science et de la technologie disponibles dans les pays occidentaux développés”, a indiqué Massoud Daher, professeur à la faculté des sciences humaines de l’université libanaise.

Selon lui, les réformes de l’empereur Meiji ont eu un impact important sur l’interaction du peuple japonais avec les cultures des autres peuples en ne se contentant pas seulement de transmettre les expériences des autres, mais en les adoptant jusqu’à ce qu’ils soient au vif de la personnalité du Japonais.

M. Matsumoto a fait savoir que l’autorité diffère d’une personne à l’autre, l’autoritarisme étant subjectif et individualiste basé principalement sur la compréhension et l’expérience de soi.

L’Académie du Royaume du Maroc tient en ce mois de décembre sa 46-ème session, qui se déroule en trois temps sous le thème: “L’Asie, comme horizon de pensée: Expériences de modernisation et de développement à travers trois séquences, la Chine, l’Inde et le Japon”.

La première séquence de cette session s’est tenue les 9 et 10 décembre avec comme thème la Chine, alors que la deuxième séquence (11-12 décembre) a été consacrée à l’Inde.

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