Les élections législatives au Portugal se tiennent, dimanche prochain, sans grands enjeux politiques, le Parti socialiste (PS) au pouvoir étant assuré d’une bonne victoire, à en croire les résultats des récents sondages d’opinion.

Les résultats des sondages semblent assez clairs et ne laissent aucune place au doute ou à la surprise: le PS devrait être le parti le plus voté.

La seule inconnue du scrutin reste à savoir si les socialistes parviendront à obtenir une majorité absolue qui les dispense de négocier un nouvel accord avec d’autres formations politiques et leur permettra de gouverner confortablement.

Le secrétaire général du PS et Premier ministre, Antonio Costa, espère bien obtenir une majorité absolue, car il est évidemment plus aisé, selon lui, d’assurer la stabilité politique pendant les quatre années à venir, notant que la majorité absolue facilite également “l’exécution du programme gouvernemental”.

Il a toutefois souligné, dans des déclarations à la presse, que le résultat des élections reste entièrement entre les mains des Portugais, tout en mettant en garde contre “l’illusion” que les sondages peuvent provoquer chez les électeurs et le risque d’une possible dispersion des voix, en particulier de ceux qui craignent une majorité absolue au Parlement.

Arrivé au pouvoir en 2015 grâce à une alliance avec les partis de la gauche anti-libérale, le PS est crédité de 38 à 42% des intentions de vote, contre 23 à 27% pour le Parti social démocrate (PSD), son rival traditionnel, selon les enquêtes.

Les acquis socio-économiques réalisés au cours du mandat du PS, militent en faveur de l’exécutif socialiste qui gouverne au niveau national et dans la région des Açores, en capitalisant sur la relance de l’activité économique et la réduction notable du déficit budgétaire, reposant sur l’instauration de taux d’intérêt bas, un assouplissement quantitatif et la promotion du tourisme et des investissements étrangers.

Par ailleurs, les choix socio-économiques de ce gouvernement se sont portés sur une politique clairement anti-austérité, voire antinomique avec celle pratiquée par le gouvernement précédent, de droite, qui avait gelé le salaire minimum et les pensions de retraites, augmenté les impôts et réduit les aides publiques, ce qui n’avait pas permis de diminuer le déficit budgétaire ni le taux de chômage, mais avait fait exploser la précarité et la pauvreté dans le pays.

La principale réalisation de l’actuel exécutif a été de rembourser par anticipation les dizaines de milliards d’euros octroyés au Portugal pour renflouer les coffres de ses banques après la crise financière de 2008 et de concéder quelques centaines de millions d’euros pour relever le salaire minimum, augmenter les pensions de retraite et engager une reprise des promotions dans les échelons du secteur public sur plusieurs années.

Le gouvernement socialiste a réussi donc à tenir ses engagements de rompre avec la logique du tout-austéritaire, et aussi à gagner la confiance des citoyens.

Le redressement du Portugal a été spectaculaire depuis bientôt 4 ans, avec les différentes mesures sociales et économiques prises par le gouvernement Costa.

En effet, le salaire minimum a été augmenté pour la troisième année consécutive, en janvier dernier, et atteint désormais 600 euros par mois. Les pensions de retraites ont été réévaluées, le temps de travail des fonctionnaires a été de nouveau abaissé à 35 heures, contre 40 heures auparavant, le chômage est au plus bas niveau depuis 28 ans, à 6,5%, et la croissance économique est l’une des meilleures d’Europe.

Tous ces indicateurs positifs profitent à la population qui a vécu depuis 2008, et pendant 7 ans, une véritable crise économique, avec un chômage à plus de 15% et une période d’austérité sans précédent ayant pénalisé une grande partie des citoyens.

Quant au PSD, principal parti de l’opposition, il ne doit certainement pas s’attendre à de bons résultats lors de ces échéances, car il est toujours sous le choc suite à sa petite victoire aux dernières élections régionales où il venait de perdre la majorité absolue qu’il détenait durant ces quatre dernières décennies, face à l’importante percée des socialistes qui avaient triplé leur représentation au Parlement régional, ayant passé de 6 à 19 sièges.

Le PSD ne semble plus en mesure de faire face au PS, à en juger par les résultats des dernières élections régionales de Madère, car sur un total de 47 sièges du parlement régional, il a obtenu 21 sièges, 3 de moins que les précédentes, suivi de près de son rival traditionnel le PS, avec 19 sièges, en devançant de très loin les autres partis qui se sont partagés les 7 sièges restants.

Certes, le PSD avait remporté ces élections régionales, mais c’était une victoire vue comme un échec, car c’est la première fois depuis ces quatre dernières décennies qu’il perd la majorité absolue à Madère dont il présidait à la destinée depuis plus de 42 ans, laissant présager qu’il sera mis à rude épreuve lors des prochaines législatives auxquelles prennent part 21 formations politiques.

Plus de 10 millions d’électeurs résidant au Portugal et à l’étranger vont se rendre aux urnes le 6 octobre pour l’élection des 230 députés de l’Assemblée de la République, lors d’un scrutin qui déterminera le choix du futur gouvernement.

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