Le parti conservateur “Droit et justice” (PiS) au pouvoir en Pologne se dirige avec assurance vers une victoire aux législatives prévues dimanche, pour conforter sa position lors des quatre prochaines années.

Les résultats des sondages d’opinion montrent clairement que le PiS, soutenu par les partis ”Solidarna Polska” et “Porozumienie Polskie”, va remporter une nette victoire avec un large score, presque le double qu’obtiendrait son principal adversaire, la “Coalition Civique”, dirigée par la “Plateforme civique”, et qui comprend également les partis des Verts ”Zioloni”, ”Nowoczesna” et ”Inicjatywa Polska”.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2015, le parti ”Droit et justice”, dirigé par Jaroslaw Kaczynski, a assuré une bonne gestion des affaires publiques tout en simplifiant son discours destiné à des électeurs d’un niveau scolaire moyen et à la population rurale et des petites zones urbaines, comme en témoignent les résultats du parti aux élections européennes de mai dernier ayant reflété un fort soutien populaire, contrairement à ses adversaires politiques.

Selon les observateurs de la scène politique polonaise, la force du PiS et la sympathie de la majorité de l’électorat, sont dues aux généreuses dépenses sociales illustrées par des programmes nationaux destinés aux familles modestes et nombreuses et aux personnes à besoins spécifiques, outre l’augmentation du salaire minimum.

Elles s’expliquent aussi par une forte croissance économique, attribuée selon certains à la conjoncture économique favorable ainsi qu’aux mesures prises par les libéraux avant 2015 et un chômage au plus bas depuis la fin du communisme, alors que d’autres l’expliquent par une élite économique du PiS, audacieuse et laborieuse qui a su mettre à profit les atouts du pays.

Toutefois, malgré les efforts déployés en vue d’inverser la tendance, l’opposition menée par la “Plateforme civique” n’a pas réussi à déstabiliser et à affaiblir le pouvoir du PiS et à en détourner l’électorat, comme elle a aussi échoué à exploiter les dissensions entre Bruxelles et Varsovie et les accusations de la Commission européenne contre la Pologne de vouloir faire sortir le pays de l’Union européenne, puisque la majorité de la société ne semble pas y avoir prêté la moindre attention.

Peu d’électeurs polonais estiment que le conflit avec l’UE sur la réforme judiciaire et les politiques d’immigration et d’environnement, pourraient nuire à la Pologne et à la bonne situation économique du pays, tandis que la majorité d’entre eux considèrent que la Pologne restera immunisée même si le conflit risque de s’amplifier si le PIS remporte le scrutin de dimanche.

Le PIS se dirige vers une large victoire bien que le parti “Plateforme civique” a tenté de contrecarrer l’avancée du parti au pouvoir et de gagner le soutien de certaines catégories sociales telles les femmes en nommant Malgorzata Kidawa-Blonska pour mener la campagne électorale au lieu du président du parti, Grzegorz Schetyna, qui avait déclaré que sa formation politique annoncera une surprise dans la dernière phase de la campagne électorale qui fera pencher la victoire en sa faveur, ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent.

Cependant, de nombreux analystes reprochent aux deux principaux partis la violence qui a marqué le débat public lors de la campagne électorale, ce qui nécessite la recherche d’une nouvelle manière de faire de la politique en privilégiant la dimension morale, de même qu’il est temps d’en finir avec la guerre polono-polonaise dont beaucoup de Polonais sont lassés car elle donne une image négative sur la pratique politique dans le pays.

En fait, l’opposition n’a aucune chance de contrecarrer la puissance du parti au pouvoir et une victoire lors du scrutin est impossible du fait que l’écart est déjà considérable. Les sondages d’opinion menés dernièrement confirment que 24 points séparent le PIS de la Coalition civique et le parti au pouvoir obtiendrait au moins 48 pc, contre 24 pc pour ses adversaires libéraux.

Le parti Droit et justice mobilise ses électeurs mieux que l’opposition, qui a du mal à présenter un discours cohérent sur la question sociale en particulier, contrairement au parti conservateur, qui a su mobiliser son noyau dur et apporter des réponses sociales.

Il ne fait aucun doute qu’une large victoire du PiS aux élections législatives sera bénéfique pour le parti pour remporter les élections présidentielles qui auront lieu l’année prochaine.

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