L’accélération de la propagation du coronavirus couplée à l’effondrement des cours du pétrole font de plus en plus craindre le risque d’une récession de l’économie mondiale.

Les places financières voient rouge en ce début de semaine. Signe de la nervosité et de l’incertitude ambiantes, Wall Street a brièvement interrompu les échanges à l’ouverture dans la foulée de l’effondrement des valeurs. Cette mesure de suspension automatique de 15 minutes avait été introduite après la crise financière de 2008-2009.

L’indice élargi S&P 500 s’est écroulé en effet de 7% alors que le Dow Jones Industrial Average a accusé un énorme repli de 7,29% et le Nasdaq, à forte coloration technologique, a perdu 6,86%.

Les actions ont perdu près d’un cinquième de leur valeur et se dirigent vers la plus importante chute en une séance depuis la première guerre du Golfe en 1991.

Déjà plombée par l’incertitude autour du COVID-19 et son impact sur la demande mondiale, les marchés sont secoués par l’effondrement des cours du brut.

L’absence d’un accord entre les producteurs sur la baisse de production a précipité l’effondrement des prix du pétrole qui ont chuté de près de 20 %.

Les Bourses de Chine continentale ont reculé de 3 % alors que celle de Tokyo a clôturé en grise mine subissant de lourdes pertes dès les premiers échanges.

L’indice vedette Nikkei sombrait de 4,6% à 19.795,78 points, tandis que l’indice élargi Topix lâchait 4,24% à 1.409,13 points.

La Bourse de Londres s’effondrait de plus de 8% également touchée aussi de plein fouet par la spectaculaire chute des prix du pétrole et l’accélération de l’épidémie de coronavirus.

L’indice FTSE-100 des principales valeurs perdait 8,35% à 5.923,02 points.

Même vent de panique à Francfort qui a plongé de 7,4% à l’ouverture: L’indice vedette Dax a perdu 851,8 points tandis que le MDax des valeurs moyennes se tassait de 6,31%, et à Paris, où après un retard à l’ouverture, l’indice CAC 40 reculait de 293,84 points à 4.845,27 points dans la foulée d’une plongée vendredi de 4,14%.

En Italie, fortement touchée par le coronavirus, la Bourse de Milan perdait 8,54 % après le placement en isolement, depuis dimanche, de plusieurs régions du Nord, la plus peuplée et la plus riche du pays.

Dans le sillage de la dégringolade des prix du pétrole dans les marchés mondiaux, les places financières dans les pays de Golfe ont subi le coup.

La Bourse de Ryad, la plus importante de la région, dévissait de 7,9%.

Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque Mondiale ont mis en garde contre les risques de la propagation du coronavirus sur l’économie mondiale, notant que l’ampleur de la baisse de la croissance dépendra de la durée de l’épidémie qui est “difficile à déterminer”.

“En un temps fait d’incertitudes, il vaut mieux en faire plus plutôt que de ne pas en faire assez”, a plaidé ce lundi la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva.

La croissance de l’économie mondiale en 2020 sera inférieure au taux 2,9% enregistré en 2019 à cause de l’épidémie, anticipe l’institution financière internationale.

En janvier, le FMI prévoyait une croissance de 3,3% cette année, ce qui signifie qu’au moins un demi-point sera perdu à cause du virus.

Face à cette situation, le Fonds monétaire international a annoncé que 50 milliards de dollars étaient disponibles, dont 10 milliards qui peuvent être prêtés à taux zéro, pour les pays pauvres et en développement, alors que la Banque mondiale a dévoilé un plan d’urgence de 12 milliards de dollars pour aider les pays à répondre à la menace du coronavirus.

D’après les derniers chiffres, le nombre de cas de nouveau coronavirus dans le monde dépassent 100.000, dont 3.245 décès, dans 81 pays et territoires.

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