La pandémie du nouveau coronavirus «aggrave le sort des femmes en Afrique», qui constituent la grande majorité du personnel en première ligne dans la lutte contre le COVID-19, estime la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA-ONU), basée à Addis-Abeba.

La situation «est exacerbée par le fait que les femmes constituent la majorité du personnel médical de première ligne», souligne Mme Thokozile Ruzvidzo, Directrice de la Division du genre, de la pauvreté et de la politique sociale à la CEA-ONU, lors d’un point de presse mercredi en ligne.

«65% des infirmières en Afrique sont des femmes. Comme les infirmières sont beaucoup plus nombreuses que les médecins, les femmes constituent la grande majorité du personnel médical de première ligne risquant ainsi d’être exposée au COVID-19», a relevé la responsable à la Commission onusienne.

Les femmes constituent également «la majorité du personnel des services de structures sanitaires tels que les femmes de ménage, les blanchisseuses, le personnel de restauration et que ‘’ces cohortes sont clairement exposées à un risque accru d’exposition au COVID-19’’ », note-t-elle.

Selon le rapport de la CEA-ONU intitulé, «Le COVID-19 en Afrique : Sauver les vies et l’économie», les femmes représentent environ 70% des commerçants transfrontaliers en Afrique. «Cela signifie que leur activité économique est limitée et leurs revenus sont gravement affectés en raison de la fermeture des frontières», souligne-t-on.

Le rapport note également que «compte tenu du fait que les femmes ont tendance à opérer dans le secteur informel, elles ne sont pas protégées par une assurance ni éligibles à des régimes publics destinés aux entreprises (comme les facilités de crédit) ou aux employés formels (comme les subventions salariales)».

Mme Ruzvidzo avance un autre facteur : «les faibles niveaux d’accès à l’électricité et aux sources d’eau potable en Afrique obligent les femmes à consacrer un temps de travail non rémunéré important à la collecte de bois de chauffage et d’eau et, ce faisant, augmentent probablement le risque d’effets néfastes sur la santé associés au COVID-19 ».

«Alors que les gouvernements réaffectent des ressources pour faire face à la crise dans le domaine de la santé publique, la sécurité, la sûreté et l’accès aux services de justice ne seront plus facilement accessibles aux victimes de violence domestique », relève la CEA-ONU.

«Les taux de violence domestique augmentent, avec les confinements dus au COVID-19 imposant aux familles de rester ensemble à la maison pour de plus longues périodes et les femmes incapables de quitter une situation dangereuse», déplore-t-on.

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