S’il y a un secteur qui a été le plus plombé par la crise sanitaire liée à la pandémie du nouveau coronavirus, c’est bel et bien le tourisme qui a connu un arrêt brutal pesant sur d’autres secteurs connexes comme celui du transport, lequel est considéré comme une partie intégrante de l’industrie du tourisme au Maroc et maillon essentiel de la relance.

Intimement lié aux visites des étrangers au Maroc, le transport touristique se voit infliger, durant cette période, un coup dur particulièrement avec la fermeture des frontières avec le reste du monde.

Une situation inédite qui a laissé s’installer une incertitude totale chez les professionnels de ce secteur, lesquels se croisent les doigts dans l’espoir que le futur plan de relance du tourisme soit efficace et apporte la visibilité nécessaire à même de garantir une vraie reprise.

“Cette crise s’annonce durable et sans perspectives de reprise réelle à court et moyen terme et par conséquent, notre activité se trouve sinistrée et ce sont les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) qui sont en difficulté maximale”, a déclaré le président de la Fédération nationale des transports touristiques (FNTT), Othman Cherif Alami, dans un entretien à la MAP.

En effet, 90% des entreprises touristiques de transporteurs terrestres sont des TPME, a-t-il fait savoir, soulignant à cet égard que la faiblesse et la sous-capitalisation de ces entreprises se sont profondément aggravées.

Et de soutenir: “Nous travaillons à 90% avec les touristes étrangers et le tourisme national n’a pas vocation à utiliser nos autocars sauf lors de déplacements pour des congrès ou voyages de personnes d’associations ou d’entreprises. Ceci reste très faible pour notre chiffre d’affaires”.

Dès lors, des mesures d’urgences s’avèrent primordiales pour sauver les entreprises du secteur de la faillite et les familles des employés de la détresse sociale, a estimé M. Cherif Alami, ajoutant que la FNTT propose une série de recommandations qui portent notamment sur les volets bancaire et fiscal.

Il s’agit de redéfinir la compétitivité des entreprises touristiques par une fiscalité nationale et régionale adaptée aux tendances des activités touristiques, d’appliquer des tarifs de gasoil industriel aux transporteurs touristiques et de trouver des solutions aux impôts sur le revenu des salariés et défiscalisation au maximum des primes spéciales annuelles.

En outre, la fédération a préconisé de faciliter les investissements dans le secteur et promouvoir les véhicules électriques pour assurer au moins 30% du parc d’ici 2030, ainsi que de repenser le cadre réglementaire de l’activité pour répondre aux mutations socio-économiques et technologiques en cours et aux impératifs d’une transition vers la mobilité multimodale et écoresponsable.

Il est également question de favoriser la transformation digitale de la profession pour permettre une amélioration de la productivité, de la rentabilité et de l’expérience client, ainsi que d’investir dans la formation et qualification des ressources humaines et leur professionnalisation continue avec des subventions visant à renforcer l’attractivité et gage pour une meilleure qualité de service et la compétitivité de nos entreprises.

Fort est de constater que la relance du secteur du transport touristique passerait par une nouvelle approche et une nouvelle vision. D’ailleurs, les professionnels de la Confédération nationale du tourisme (CNT) ont initié une réflexion approfondie en vue de la conception et la mise en œuvre d’un nouveau modèle de développement touristique.

Parallèlement et au regard de l’impact néfaste de cette crise du covid-19, les professionnels font part de leur disposition à répondre aux nouvelles règles sanitaires et de sécurité et à participer à la redynamisation des activités économiques.

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