Les cérémonies à la mémoire des combattants des Tigres tamouls tués pendant les 37 ans de guerre civile au Sri Lanka prévues vendredi ont été interdites, après des requêtes en justice du gouvernement de l’homme fort du pays, le président Gotabaya Rajapaksa.

Gotabaya Rajapaksa dirigeait de fait les forces armées lors de l’écrasement de la rébellion séparatiste tamoule, achevé dans un bain de sang en mai 2009 après une vaste campagne militaire. Son frère Mahinda, aujourd’hui Premier ministre, occupait à l’époque la présidence de l’île.

L’interdiction qui a frappé des années durant les cérémonies de la “Journée des héros” dans les cimetières à la mémoire des combattants tamouls tués avait été levée après la défaite électorale en 2015 de Mahinda et son départ de la présidence.

Mais les frères Rajapaksa sont revenus au pouvoir l’an dernier avec l’élection à la présidence de Gotabaya.

Le gouvernement a demandé cette semaine aux tribunaux du Nord de l’île à majorité tamoule d’interdire ces commémorations, selon le bureau du procureur général.

Le principal parti tamoul, l’Alliance nationale tamoule (Tamil National Alliance, TNA), a protesté vendredi contre cette interdiction.

“Même pour commémorer les morts, il existe une discrimination contre les Tamouls au Sri Lanka”, a tweeté un parlementaire du TNA, Abraham Sumanthiran.

Selon lui, les gouvernements majoritairement cinghalais n’ont pas interdit au parti d’inspiration marxiste JVP (People’s Liberation Front), qui avait initialement soutenu le président de Mahinda Rajapakse lors de son élection en 2005, de commémorer leurs camarades pour la plupart cinghalais tués lors de deux tentatives de soulèvement en 1971 et à la fin des années 1980.

Vendredi, la police a annoncé l’arrestation de quatre personnes accusées “d’avoir posté sur les réseaux sociaux des messages liés à la Journée des héros”.

A la fin des années 1980, les rebelles des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) avait fixé au 27 novembre leur Journée des héros à la mémoire de leur premier combattant tué par les forces de sécurité en 1982, dit lieutenant Shankar.

Plus de 100.000 personnes ont péri selon l’ONU entre 1972 et 2009 au Sri Lanka durant la guérilla séparatiste tamoule qui luttait contre les discriminations de la majorité ethnique cinghalaise envers la minorité tamoule.

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