Le Chancelier de l’Echiquier britannique Rishi Sunak présente mercredi son plan budgétaire pour soutenir l’économie du Royaume-Uni, mise à genoux par la pandémie et qui devra se passer des fonds européens après le Brexit.

Dans un discours au Parlement, M. Sunak devrait annoncer de nouvelles mesures de soutien à l’emploi, notamment un mécanisme intitulé “nouveau départ” qui prévoit 2,9 milliards de livres sur trois ans pour aider “plus d’un million de personnes au chômage à chercher du travail”.

Le Chancelier envisage aussi de prolonger jusqu’à fin mars un programme d’apprentissage qui permet aux employeurs de toucher 2.000 livres pour chaque nouvel apprenti embauché, pour lutter contre le chômage, qui est reparti nettement à la hausse ces derniers mois dans la foulée de la pandémie.

Celle-ci a particulièrement frappé l’aviation, le tourisme, la distribution, la restauration et les lieux de vie nocturne ou encore les salles de gym.

Le Royaume-Uni est le pays le plus endeuillé d’Europe par la pandémie de nouveau coronavirus avec plus de 55.000 morts testés positifs.

C’est aussi l’un des plus durement frappés en Europe du point de vue économique: le produit intérieur brut (PIB) s’est contracté de 19,8% au deuxième trimestre, un record.

L’organisme public OBR (Office for Budget Responsibility) va dévoiler mercredi ses nouvelles prévisions économiques, sur lesquelles s’appuie le gouvernement.

Il devrait confirmer une explosion du déficit public qui pourrait s’approcher des 400 milliards de livres pour 2020-2021, tandis que la dette dépasse les 2.000 milliards de livres.

“Les prévisions de l’OBR montreront l’impact de la pandémie de coronavirus sur l’économie et leur lecture fait l’effet d’une douche froide en montrant à quel point l’activité s’est contractée, et l’ampleur de l’emprunt et de la dette”, a reconnu Downing Street dans un communiqué.

“Mais le FMI, l’OBR et d’autres ont montré que le coût (économique) aurait été bien plus élevé si nous n’avions pas agi comme nous l’avons fait”, ajoute-t-il.

Le gouvernement a déjà déboursé autour de 200 milliards de livres, dont une partie pour le dispositif de chômage partiel finalement prolongé de six mois jusqu’à mars 2021 à l’orée du reconfinement de novembre.

Si le gouvernement rejette tout retour à l’austérité des années 2010, le ministre a suggéré un possible gel des salaires dans la fonction publique, hors NHS, et une baisse des aides à l’étranger, ce qui suscitait déjà de vives critiques.

Outre la protection des emplois, le jeune ministre (40 ans) devrait dévoiler 151 millions de livres pour aider à prendre en charge les sans-abris, dont le nombre s’est envolé depuis le début de la pandémie.

Il est aussi attendu au tournant sur la question des investissements régionaux pour “rééquilibrer” le nord, plus défavorisé, avec la capitale et le sud, plus riches, l’une des grandes promesses de campagne du Premier ministre Boris Johnson.

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