Le Premier ministre moldave, Ion Chicu, a présenté mercredi sa démission, une décision censée ouvrir la voie à des élections législatives anticipées.

Cette annonce faite à la veille de la cérémonie d’investiture de la nouvelle présidente pro-européenne moldave, Maia Sandu, entraîne automatiquement la démission du gouvernement de cette ex-république soviétique d’Europe orientale.

Elle intervient à quelques heures d’une réunion du Parlement où une motion de défiance au gouvernement, initiée par l’opposition moldave, devait faire l’objet de discussions.

“Le gouvernement annonce sa démission”, a déclaré M. Chicu, lors d’un briefing commun avec le président sortant du pays, le prorusse Igor Dodon, et la présidente du Parlement, Zinaida Greceanii. Cette démission doit aboutir à la convocation “d’élections législatives anticipées”, a précisé Mme Greceanii.

De son côté, M. Dodon a salué une “décision responsable”.

Selon lui, la responsabilité de la situation dans le pays revient désormais à la présidente élue Maia Sandu qui “peut proposer son candidat au poste de Premier ministre ou entamer des consultations avec des partis en vue de dissoudre le Parlement de manière légitime”.

La Moldavie est partagée entre partisans d’un rapprochement avec Moscou et ceux soutenant une intégration européenne, notamment via les liens que le pays entretient avec la Roumanie voisine.

La victoire de Maia Sandu à la présidentielle de novembre dans ce petit Etat entre l’Ukraine et la Roumanie a marqué un revers pour la Russie, soucieuse d’y préserver son influence et dont l’armée est déployée en Transdniestrie, un territoire sécessionniste pro-russe.

Après cette élection, le Parlement moldave a adopté une loi réduisant les pouvoirs présidentiels, une mesure perçue par Maia Sandu et ses partisans comme un moyen de réduire le rôle de la présidence au profit du Parlement, contrôlé par les partisans d’Igor Dodon.

Des milliers de personnes ont depuis protesté à Chisinau, la capitale, à l’appel de Mme Sandu, pour réclamer la démission du gouvernement et la dissolution du Parlement.

La loi a été suspendue début décembre par la Cour constitutionnelle.

Ex-Première ministre, Maïa Sandu a fait sa campagne sur la lutte contre la corruption dans ce pays de 3,5 millions d’habitants, l’un des plus pauvres d’Europe.

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