Le Parlement européen est disposé à soutenir une éventuelle demande britannique de report du Brexit en cas de tenue d’élections anticipées ou d’un référendum, a assuré le Président de l’institution législative européenne, David Sassoli.

“Le Parlement européen soutiendrait une demande du gouvernement britannique d’une prolongation du délai de sortie de l’UE afin de permettre de disposer de suffisamment de temps pour des élections générales ou un référendum”, a souligné M. Sassoli dans un communiqué.

Le président du Parlement européen portait ce message lors d’une réunion à Londres avec le président de la Chambre des Communes, John Bercow, précise le communiqué.

Dans une résolution adoptée en septembre, les eurodéputés s’étaient dits ouverts à une possible extension de la période de négociation au titre de l’article 50 du Traité de l’UE, “si le Royaume-Uni en fait la demande, à condition qu’elle soit motivée et qu’elle ait un objectif précis, tel qu’éviter un retrait sans accord, organiser des élections générales ou un référendum, abroger l’article 50 ou approuver l’accord de retrait”. La résolution insiste qu’une extension ne devrait pas affecter le travail et le fonctionnement des institutions de l’UE.

Le Parlement européen avait déjà rejeté la semaine dernière les récentes propositions du Premier ministre britannique sur le Brexit, estimant qu’elles “n’offrent pas les garanties nécessaires” à l’Union européenne et à l’Irlande.

Le Président du Parlement européen, actuellement en visite à Londres dans le cadre d’une tournée européenne, avait réitéré mardi cette position à l’issue une rencontre avec le Premier ministre britannique, relevant que “les idées présentées par Boris Johnson la semaine dernière ne constituent pas une proposition, parce qu’aucun engagement n’est directement applicable. Tout est laissé en plan pour le futur. Rien ne pourrait être prêt le 1er novembre”.

Tout accord de retrait et tout futur accord d’association ou accord international avec le Royaume-Uni devront être approuvés par le Parlement européen, rappelle-t-on.

Mardi, le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait, de son côté, dénoncé le “stupide jeu de reproches” de Boris Johnson sur les responsabilités d’un éventuel échec des négociations sur le Brexit, mettant en garde que cela revient à “jouer avec l’avenir de l’Europe”.

Les Européens craignent notamment que Boris Johnson cherche à leur faire porter la responsabilité d’un échec des négociations et partant d’une sortie du Royaume-Uni sans accord, alors que les spéculations vont bon train au Royaume-Uni sur la volonté du Premier ministre britannique de contourner un texte de loi récemment voté par le Parlement britannique le contraignant à en faire la demande s’il ne parvient pas à un accord avec l’UE, et ce en exploitant une éventuelle faille ou en demandant à un Etat membre de l’UE d’opposer son veto à un report.

Dimanche, Boris Johnson avait réaffirmé, lors d’une conversation téléphonique avec le président français Emmanuel Macron, qu’il n’y aurait pas de report du Brexit au-delà du 31 octobre, soulignant que c’était la “dernière chance” d’obtenir un accord.

Le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, a jugé, néanmoins ce mercredi, qu’arriver à un accord de sortie avec Londres était “très difficile mais possible” malgré l’impasse de ces derniers jours, assurant que les “négociations techniques” continuent.

Le ministre britannique du Brexit, Steve Barclay, devrait se rendre à Bruxelles jeudi pour faire le point avec son homologie européen, Michel Barnier, sur les négociations en cours sur le Brexit, dans le but d’aboutir à un compromis avant un sommet européen prévu les 17 et 18 octobre.

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