Le numéro de l’émission “Madarat”, diffusé sur les ondes de la Radio Nationale, a braqué les projecteurs sur le riche parcours du romancier et écrivain marocain Moubarak Rabii dont la biographie se démarque par la diversité de ses œuvres littéraires et ses recherches universitaires.

Lors de cette émission, Moubarak Rabii a mis l’accent sur certains aspects de son parcours littéraire, intellectuel et universitaire, à travers un échange sur la culture et la société qui a été centré aussi sur des questions éducatives d’actualité.

En réponse à une question sur la diversité de son œuvre romancière notamment patriotique et historique, Moubarak Rabii a souligné qu’il n’accepte pas cette classification, étant donné que, selon lui, un roman n’est pas forcément lié au sujet traité.

L’écrivain marocain a affirmé que son univers romancier n’est pas le résultat uniquement d’un vécu direct, mais s’inspire aussi de la pensée grecque, ainsi que des récits européens, russes ou américains, ajoutant que chaque sujet abordé dans ses romans émane de la mémoire historique relative, entre autres, à la période de la résistance contre l’occupation et de la guerre d’octobre.

Pour Moubarak Rabii, “le roman n’est pas l’événement en soi mais un art, vu qu’un événement peut être perçu comme une information ou un fait historique”, faisant savoir qu’il a essayé d’aborder dans ses écrits une multitude de questions.

L’homme de lettres a souligné, en outre, que les références essentielles de ses romans ont toujours été liées à ses interactions avec un sujet donné, citant à titre d’exemple la résistance lors de la période de l’occupation dont il a vécu quelques événements comme le décès en martyre de certains de ses amis.

Evoquant son passage de la nouvelle au roman, M. Rabii a indiqué qu’il s’agit d’un procédé “normale” dû notamment au développement de l’édition et de la distribution.

Il a exprimé, à cet égard, son refus de l’idée de comparaison entre le recueil de nouvelles et le roman, vu que chaque genre poursuit un objectif particulier.

Concernant son expérience dans le domaine de la recherche en psychologie sociale et sa relation avec l’écriture littéraire, Moubarak Rabii a noté qu’il existe des “romanciers qui n’ont rien à voir avec la littérature et qui ont pourtant réussi dans leurs écrits”, soulignant qu’il a tiré profit de la psychologie “de manière spontanée et non pas par une méthode scientifique”.

Il a rappelé que connaitre la nature humaine ne requiert pas d’étudier la psychologie académique pour écrire un roman, “mais de s’identifier à des personnages”, citant l’exemple d’un acteur qui sait incarner les personnages qu’il joue.

S’agissant des questions de l’enseignement et de l’éducation, Moubarak Rabii a souligné que la question de l’éducation au Maroc nécessite davantage une méthodologie et une expérience formulées à travers une stratégie politique basée sur une expérience scientifique et pratique.

Il a estimé, dans ce sens, que la lutte contre le Coronavirus offre une opportunité pour le Maroc de lancer une nouvelle expérience éducative et de reconsidérer le modèle éducatif actuel, d’autant plus que l’histoire “nous apprend que des théories et des méthodes pédagogiques efficaces ont été découvertes dans des conditions sociales adverses résultant de guerres et de situations exceptionnelles d’un point de vue humanitaire”.

Il a souligné, par ailleurs, que l’écriture pour les enfants est “très difficile” et que les écrivains de ce genre doivent être des “éducateurs” et des “créateurs ” connaisseurs des sujets qu’ils abordent.

Né en 1940, Moubarak Rabii a écrit un nombre important de romans, essais et nouvelles. Son œuvre se distingue par sa richesse et sa diversité.

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