Des milliers de personnes ont marché à Bruxelles pour dire stop aux violences faites aux femmes, à l’instar d’autres pays du monde qui ont connu tout au long du week-end une large mobilisation face à ce phénomène.

La manifestation bruxelloise qui a rassemblé dimanche près de 10.000 marcheurs, selon la police, intervenait en prévision à la veille la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

La marche intervient à l’initiative de la plateforme Mirabal qui appelle à « une mobilisation massive pour une politique cohérente, volontariste et budgétisée contre les violences faites aux femmes » en Belgique.

Depuis début 2017, la Belgique compte plus de 96 féminicides, dont au moins 18 depuis début 2019, déplore la plateforme qui évoque un nombre au-dessus de la moyenne d’autres pays européens, en particulier au cours des trois dernières années.

Stop Féminicide, blog créé par des associations féministes, recense, de son côté, 22 tuées cette année en Belgique “parce qu’elles sont femmes”.

Les manifestants ont récité les noms de ces victimes au début de la marche qui a parcouru les principales artères de la capitale belge, avant d’observer un moment de silence suivi d’un “cri de colère”.

Des paires de chaussures rouges symbolisant ces femmes tuées ont été déposées sur une place du centre-ville, où les manifestants étaient appelés à “faire du bruit” pour “briser le silence laissé par les victimes”.

Rassemblant une centaine d’organisations de la société civile, la plateforme Mirabal exige notamment la concrétisation de la Convention d’Istanbul, texte du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et contre la violence domestique.

La Belgique avait ratifié le texte en 2016. Elle s’était engagée alors à « déployer des mesures coordonnées de prévention des violences, protection des victimes et poursuite des auteurs », mais sur le plan de la mise en œuvre, la plateforme constate que la Convention reste « très peu et mal concrétisée ».

Des manifestations similaires ont également eu lieu à travers l’Europe et dans le reste du monde où des dizaines de milliers de personnes ont manifesté leur colère face aux féminicides et faits de violences à l’encontre des femmes, souvent à l’intérieur de la famille ou du couple.

Selon l’Union européenne (UE), l’ampleur du problème reste alarmante au niveau de toute l’Europe, où « une femme sur trois a été victime de violences physiques et/ou sexuelles».

Le constat est encore plus inquiétant dans les pays en développement où « une fille sur trois est mariée avant l’âge de 18ans », et « au moins 200 millions de femmes et de filles ont subi une mutilation génitale féminine, qui est toujours pratiquée dans une trentaine depays », déplore l’UE.

« Il incombe à l’Union européenne et à la communauté internationale de maintenir notre engagement en vue de mener des actions de prévention, de rejeter ouvertement et de condamner tous les actes de violence à l’égard des femmes et des filles », lit-on sur une déclaration conjointe de la Commission européenne et de la Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, diffusée à l’occasion de la Journée internationale consacrée à cette problématique (25 novembre).

La déclaration considère que la violence à l’égard des femmes et des filles est « une violence à l’égard de l’humanité tout entière et ne devrait pas exister en Europe ni ailleurs dans le monde ».

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