Terre africaine, le Maroc, qui accorde une importance particulière à la coopération sud-sud, est déterminé à apporter sa pierre à la construction d’un édifice continental stable et prospère, a affirmé, jeudi à Lisbonne, le Directeur général de l’Institut royal des études stratégiques (IRES), M. Mohammed Tawfik Mouline.

Le Maroc place l’Afrique au cœur des priorités de sa politique étrangère, a dit M. Mouline, lors d’une rencontre intitulée “Africa XXI”, organisée par l’Institut pour la Promotion de l’Amérique Latine et des Caraïbes (IPDAL), en partenariat avec l’IRES, rappelant que SM le Roi Mohammed VI a toujours plaidé pour un développement “à visage humain” de l’Afrique, axé sur la mobilisation collective des pays africains pour réussir le pari de l’unité et asseoir le leadership de l’Afrique sur le plan international.

Les Discours royaux mettent l’accent sur un triple impératif: croire en l’Afrique, travailler ensemble et échanger équitablement, à travers un partenariat gagnant-gagnant, repenser l’Afrique et plaider en faveur du continent, a-t-il ajouté dans son exposé intitulé “Pour un développement autonome de l’Afrique”.

De retour dans le concert des pays africains, le Royaume a la ferme volonté d’accompagner le processus de convergence économique, sociale et institutionnelle de ses partenaires africains, a souligné M. Mouline, notant que la politique africaine du Maroc est fondée sur le renforcement de partenariats mutuellement profitables avec les pays africains ainsi que sur l’implication assidue du Royaume en faveur des causes du continent.

Le Maroc a rapidement compris que sa contribution au développement autonome de l’Afrique ne peut revêtir qu’un caractère multiforme, cette contribution repose sur la gouvernance du continent en faveur d’une Union africaine (UA) plus active et solidaire, en mesure de trouver des solutions aux principales préoccupations de l’Afrique, ce qui requiert une véritable réforme de l’institution panafricaine, a poursuivi le responsable marocain.

Par ailleurs, l’agenda africain pour la migration, proposé par le Royaume à l’UA se veut le préalable à un renouvellement de la réflexion sur la question migratoire et un enjeu-clé pour assurer la libre-circulation des Africains sur leur continent.

Concernant l’édification du capital humain africain, le Maroc est bien engagé dans la formation des cadres de ce continent dans divers domaines, a-t-il fait savoir, rappelant qu’entre 1986 et début 2017, 5.000 cadres administratifs africains ont perfectionné au Maroc leurs connaissances et leur expertise.

Pour la lutte contre la radicalisation et la diffusion d’un Islam tolérant, le Maroc met à la disposition des pays africains son expérience en matière de maîtrise du champ religieux, a-t-il expliqué, ajoutant qu’en 2017, 1.000 imams ont été formés à l’Institut Mohammed VI de formation des imams prédicateurs et prédicatrices, dont 78% issus du Nigéria, du Mali, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Rwanda et de la Tanzanie.

Pour ce qui est du maintien de la paix au niveau du continent, il a relevé que depuis sa participation, en 1960, à la première opération de maintien de la paix au Congo, le Maroc n’a eu de cesse de contribuer à la pacification du continent. Actuellement, 1.596 militaires marocains participent à des opérations de maintien de la paix en Afrique, a-t-il dit, citant le Ministère marocain des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale.

En matière de transition économique de l’Afrique, le Maroc est partie prenante de cette transition, sa contribution se manifeste, selon lui, sur trois plans: l’intégration économique, les investissements et les secteurs d’excellence, se félicitant que plus de 1.000 accords aient été conclus depuis 2000 par le Royaume du Maroc avec plus de 40 pays africains contre, seulement, 500 accords entre 1956 et 1999. Près de 426 accords ont été signés depuis 2014 avec 15 pays africains, impliquant 80 opérateurs économiques publics et privés et 300 partenaires africains.

Quant aux flux des investissements directs marocains à destination de l’Afrique, ils ont enregistré une forte augmentation entre 2007 et 2017, passant, respectivement, de 114 millions de dollars à près de 1 milliard de dollars, selon l’Office des Changes. Au total, sur la période sous revue, le Maroc a investi dans le continent africain environ 3,7 milliards de dollars, soit 57% du total des investissements directs marocains à l’étranger, a précisé M. Mouline.

Il a enchaîné que plus de 1.000 opérateurs marocains sont présents en Afrique, pour la période 2008-2015, ces opérateurs ont investi près de 2,2 milliards de dollars dans ce continent.

Bouton retour en haut de la page
Fermer