Le Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui s’apprête à quitter son poste la semaine prochaine pour raisons de santé, a insisté vendredi sur la nécessité pour le Japon de renforcer ses capacités de défense antimissile, notamment pour contrer la menace nord-coréenne.

“Je crois qu’il est nécessaire de renforcer la dissuasion et ainsi de réduire encore davantage l’éventualité d’une attaque contre le Japon avec des missiles balistiques et autres” armes, a déclaré M. Abe dans un communiqué.

Le gouvernement a prévu d’identifier la politique à suivre en la matière “d’ici la fin de cette année”, pour répondre aux “sévères” enjeux de sécurité nationale du pays, a-t-il ajouté, en citant la menace balistique et nucléaire de Pyongyang.

La réflexion du gouvernement s’inscrira dans le respect de la Constitution pacifiste japonaise et des lois internationales, a-t-il assuré.

“La politique japonaise exclusivement orientée sur la défense ne changera pas”, ni l’alliance de sécurité avec les Etats-Unis, a-t-il encore précisé.

Cependant la possiblité que le Japon se dote d’armes offensives, même à des fins revendiquées de dissuasion et de défense, fait débat dans le pays.

Le parti Komeito, membre de la coalition au pouvoir au côté du Parti libéral-démocrate (PLD) de M. Abe, est fermement opposé à une évolution de la défense du pays vers des armes offensives.

L’appel de M. Abe n’aura toutefois pas un effet contraignant pour le nouveau gouvernement, qui sera formé la semaine prochaine après l’élection d’un nouveau Premier ministre, lequel sera très probablement son fidèle bras droit Yoshihide Suga.

Mais selon des analystes, M. Abe cherche à faire en sorte que le débat sur l’avenir de la défense du Japon ne soit pas enterré après son départ.

“La défense antimissile est l’un des grands dossiers que le Premier ministre Abe laisse en suspens”, a déclaré Hideshi Takesada, un expert des questions de défense et professeur invité de l’université Takushoku à Tokyo.

Le gouvernement de M. Abe avait notamment approuvé en 2017 l’achat d’un système américain de défense antimissile terrestre, Aegis Ashore, pour un coût estimé à 4,2 milliards de dollars sur plusieurs décennies.

Mais le gouvernement a finalement renoncé en juin à ce programme, face aux vives inquiétudes des populations riveraines des sites choisis pour installer ces missiles d’interception, qui risquaient aussi de faire gonfler démesurément leur coût.

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