Se faisant l’écho des préoccupations mondiales avec à leur tête l’urgence climatique et les inégalités sociales, le «World Economic Forum» (WEF) a choisi d’afficher, pour sa 50ème édition qui débutera mardi, un engagement ferme en faveur d’un développement durable et responsable.

Joignant l’action à la parole, le Forum, ce rassemblement feutré qui réunit depuis 1971 des entrepreneurs et responsables politiques dans la station de ski de Davos en Suisse, entend lancer de multiples initiatives à même de jeter les bases d’un capitalisme inclusif et d'”un monde de cohésion et solidaire”.

«Le changement ne vient pas tout seul. A Davos nous devons lancer les prémices. Chacun des participants peut avoir un impact positif. Si nous nous engageons résolument, nous pourrons dire aux jeunes générations et à celles et ceux qui nous questionneront dans quelques années qu’ils peuvent compter sur nous», espère le fondateur du WEF, l’Allemand Klaus Schwab.

C’est ainsi que le WEF, placé cette année sous le thème “Les acteurs pour un monde plus cohérent et plus durable”, entend dévoiler un manifeste de Davos 2020 pour un capitalisme plus durable.

“Nous voulons avoir un grand impact” pour ce 50e anniversaire, a dit devant la presse un porte-parole du WEF, Oliver Cann.

Deux ans après le premier WEF, un manifeste avait été approuvé en 1973 pour affirmer que l’économie devait bénéficier à tous, des actionnaires aux clients en passant par les employés et les populations. A la demande de chefs d’entreprises, il sera revu face aux défis du 21e siècle.

Il s’agit d’un standard pour les objectifs économiques, sociaux et de gouvernance de ces sociétés, a expliqué un responsable du WEF. “Nous voulons contribuer pour les 50 prochaines années” à réfléchir sur le rôle des entreprises et des gouvernements, a souligné Schwab.

Le Forum veut montrer que la croissance économique, le développement durable et une prospérité partagée par davantage de populations sont compatibles. Il envisage de lancer un plan pour étendre les compétences d’un milliard de personnes dans les dix prochaines années.

Parmi les autres mesures attendues à l’occasion de cette 50ème édition, figure le lancement d’une plateforme UpLink qui permettra à tout acteur (entreprise, gouvernement ou collectivité, ONG, particulier,…) de se manifester avec des idées innovantes en faveur d’une économie plus durable et responsable, mais aussi d’alimenter le débat au sujet de ces idées, de les diffuser, de les financer et de les promouvoir.

«Ces étapes feront de nos engagements une réalité. Les participants doivent prendre à bras-le-corps ce rôle de stakholders responsables. Le monde est dans une situation d’urgence. Nous ne voulons pas que la génération suivante hérite d’un monde toujours plus hostile», averti Klaus Schwab.

Avec UpLink mais aussi d’autres initiatives comme Manifesto (qui va succéder au “Davos Manifesto” de 1973 et affirmer le besoin et l’urgence d’une économie plus inclusive et plus durable), les Lighthouse Projects (qui visent à créer des engagements fermes de la part des participants et à aboutir à des impacts agrégés de toutes les parties prenantes), ou encore des plateformes public-privé afin de proposer dans les dix ans à un milliard de personnes les outils et compétences pour s’intégrer dans un monde de la 4e révolution industrielle ou pour planter un trillion d’arbres d’ici la fin de la décennie, le WEF veut dépasser son rôle traditionnel de plateforme focalisée sur le dialogue multipartite.

«Si je dois analyser ce qui a fait le succès de Davos, je vois plusieurs raisons. Parmi celles-ci, le fait que les problèmes actuels ne peuvent pas être résolus par les gouvernements seuls et il faut des plateformes collaboratives, mais aussi le fait que nous ne sommes pas focalisés sur une seule thématique mais sur des enjeux systémiques et complexes impliquant un maximum d’acteurs», précise Klaus Schwab.

Pour rendre ces engagements plus concrets et dépasser le cadre traditionnel du dialogue et atteindre les engagements et l’action, l’édition 2020 du Forum de Davos réunira un grand nombre de dirigeants.

Il s’agit notamment de «huit CEO des dix plus importantes entreprises au monde qui seront présents, car on ne peut pas changer le monde si on n’engage pas dans le changement les dirigeants des grandes entreprises», estime Borge Brende, président du WEF, ajoutant que 53 dirigeants de pays, 33 ministres de l’économie et des finances, 38 dirigeants d’ONG sont attendus à cet évènement.

Le WEF veut aussi montrer qu’il cherche à être exemplaire pour limiter son impact climatique. “Ce sera l’un des sommets internationaux les plus durables jamais organisés”, a insisté un responsable. La réunion sera neutre en terme d’émissions de gaz à effet de serre.

L’organisation encourage tous les participants, quel que soit leur rang, à utiliser des vols commerciaux plutôt que privés. Parmi les 200 véhicules du WEF, environ la moitié sont électriques et l’autre moitié hybrides. De même, le Forum prendra à sa charge une partie des frais de transport de ceux qui font le choix du train. Autre engagement, la nourriture sera davantage végétarienne.

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