Le rideau est tombé, mercredi soir, sur le 17è Festival des Andalousies Atlantiques d’Essaouira, organisé en mode virtuel, avec à la clé un concert d’anthologie aux airs de flamenco et de sons andalous, diffusé en direct sur la Toile depuis le siège de la Fondation Trois Cultures de la Méditerranée à Séville, en Espagne.

Placé sous le signe “Jumelés par la Musique”, ce grand concert, qui restera dans les annales, a connu la participation du virtuose pianiste Dorantes, du chanteur Rafael de Utrera, de la Bailaora (danseuse de flamenco) Pastora Galvan et de l’orchestre andalou de Jalal Chekara, qui ont gratifié les aficionados de performances artistiques exécutées avec maestria.

Ainsi, ils ont proposé des interprétations séparées pour finalement se fondre dans le même thème, joignant les accords flamenco aux sons andalous et mettant en évidence les racines communes de ces deux genres musicaux authentiques.

Ce concert de haute facture a été aussi l’occasion de célébrer le 10è anniversaire de la déclaration du Flamenco comme Patrimoine Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO et, en même temps, de défendre, de l’Andalousie, une demande et une revendication méritées : que la musique andalouse soit postulée en tant que candidat pour obtenir également cette reconnaissance.

Il a été, en outre, l’opportunité de conforter la pérennité du Festival des Andalousies Atlantiques, en donnant toute sa profondeur au partenariat d’Essaouira avec la Fondation Trois Cultures, qui entretient depuis 2008 une relation étroite avec le Festival qu’elle promeut avec l’Association Essaouira-Mogador, et dans lequel se rencontrent des interprètes de différentes parties de la Méditerranée, pour mettre en valeur l’héritage judéo-arabe dans leur musique et la connexion entre la musique andalouse et le flamenco actuel, toujours dans un esprit de dialogue et de fusion des cultures méditerranéennes.

C’est donc un événement à forte charge symbolique, non seulement à cause de ce qu’il représente (le flamenco promouvant sa sœur aînée, la musique andalouse ou “al-ala”, née en Espagne à Cordoue au IXème siècle), mais aussi par ses propres protagonistes: Dorantes et Jalal Chekara sont respectivement les neveux de Joaquín Peña, El Lebrijano, et d’Abdessadak Chekara, qui, dans les années 80, ont été les précurseurs de ce jumelage entre le flamenco et la musique andalouse.

Ce spectacle grandiose a été notamment ponctué d’interventions d’éminentes personnalités qui ont salué l’organisation de ce concert au siège de la Fondation, qui œuvre pour la promotion du dialogue, de la paix, de la tolérance et de la coexistence entre les peuples et cultures de la Méditerranée.

Dans un message-vidéo diffusé à cette occasion, M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi et Président-Fondateur de l’Association Essaouira-Mogador et également co-président de la Fondation Trois Cultures de la Méditerranée a exprimé sa profonde gratitude à “notre Fondation, à nous Marocains, Andalous, Espagnols et à tous ceux qui nous accompagnent depuis que cette Institution envoie toutes ces lumières autour de nous à la fois au Maroc, en Espagne, en Andalousie et bien au-delà”.

M. Azoulay a souligné que malgré cette pandémie et cette situation, tellement incertaine et instable pour tous, “nous n’étions pas absents pour cette édition du Festival des Andalousies Atlantiques qui est, à tous égards, importante, même si elle aurait dû se dérouler à Essaouira cette année de façon très emblématique et très émotionnelle, parce que nous avions tellement de choses à célébrer ensemble”.

Mettant en avant la commémoration du 10è anniversaire de la déclaration du Flamenco comme Patrimoine Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO, le Conseiller de SM le Roi a affirmé que cet anniversaire est “au cœur de ce qui anime les Andalousies Atlantiques d’Essaouira et de ce qui nous réunit à travers la Fondation, nous Marocains et Andalous”.

M. Azoulay a aussi tenu à exprimer toute sa gratitude au président de la Junta (gouvernement autonome) de l’Andalousie, Juan Manuel Moreno et au ministre régional en charge de la Présidence, de l’Administration publique et de l’Intérieur au sein du même gouvernement, Elias Bendodo, également président de la Fondation Trois Cultures de la Méditerranée, précisant que “leur soutien, leur accompagnement, leur partenariat et leur écoute nous sont très précieux”.

Et le Conseiller de SM le Roi de conclure que ce concert, avec un plateau extraordinaire, constitue un événement très emblématique “au cœur de ce que nous Marocains, Andalous et Espagnols ressentons quand on regarde, on écoute, on participe, on chante et on danse aux rythmes andalous devant tous ces grands artistes espagnols du flamenco, qui ont été cette année sur cette scène exceptionnelle pour une clôture également exceptionnelle”.

De son côté, le ministre espagnol de la Culture et des Sports, José Manuel Rodríguez Uribes, a affirmé que cet événement illustre l’universalité de la musique et son immense capacité à favoriser la consolidation du dialogue et de la coexistence.

Il a ajouté que cette manifestation est une occasion pour mettre en valeur les liens entre le flamenco et la musique andalouse, surtout que l’Andalousie a été le berceau du flamenco et la terre où ont résonné et ont été interprétées depuis des siècles les musiques andalouse et d'”Al Ala”.

Pour leur part, M. Bendodo et la ministre régionale de la culture et du patrimoine historique du gouvernement autonome andalou, Patricia Del Pozo Fernandez, ont souligné que cet événement célèbre l’héritage culturel et musical en partage entre l’Espagne, l’Andalousie et le Maroc, ajoutant qu’il offre l’occasion de consacrer l’esprit du dialogue et de fusion entre les cultures méditerranéennes.

Rappelant que ce concert coïncide avec la célébration du 10è anniversaire de la déclaration du Flamenco Patrimoine Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO, ils ont annoncé le lancement d’une importante initiative en vue d’appeler cette institution onusienne à reconnaître et à classer la musique andalouse, elle aussi, comme patrimoine immatériel de l’Humanité.

Ils ont, par ailleurs, mis en relief la singularité du Festival des Andalousies Atlantiques, organisé par l’Association Essaouira-Mogador, soulignant qu’il fait partie des plus prestigieux événements culturels et musicaux à l’échelle mondiale, où Musulmans, Juifs et Chrétiens se donnent rendez-vous pour célébrer ensemble cette richesse de la diversité dans le cadre du partage et du respect mutuel.

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