Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) s’inspirent dans ses recommandations, des normes internationales et des recommandations et conclusions des rapports annuels du Rapporteur spécial de l’ONU, a souligné, mardi à Mexico, le secrétaire général du CNDH, Mounir Bensalah.

S’exprimant lors d’une conférence organisée par les Nations Unies à l’université Iberoamericana en présence notamment de l’ambassadeur du Maroc à Mexico, Abdelfattah Lebbar, M. Bensalah a fait observer que les rapports et les recommandations du Rapporteur spécial sur les droits des migrants ont été une référence constante pour les travaux et les réflexions du CNDH, en tant qu’institution nationale des droits de l’Homme.

Le CNDH adopte la même approche transversale que le rapport du Rapporteur spécial, qui considère les migrants comme des détenteurs de droits et rend compte de toutes les situations de migrants, en tant que personne, en tant qu’enfant, en tant que femme, en tant que personne handicapée, et en tant que prisonnier, a-t-il soutenu lors de cet événement organisé à l’occasion du 20è anniversaire du mandat du rapporteur spécial de l’ONU sur les droits humains des migrants, relevant que ces recommandations sont une référence pour plaider en faveur de l’amélioration des droits des migrants au Maroc.

Le Conseil, a-t-il enchainé, interagit avec le gouvernement marocain de différentes manières, par le biais de rapports, mais également par le biais d’événements, de réunions, afin de promouvoir la mise en œuvre de ces recommandations et d’aligner la législation nationale sur les normes internationales.

Rappelant que le Maroc a été l’un des premiers pays à ratifier la Convention relative aux droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, l’intervenant a relevé, à tire d’illustration, que le CNDH a publié en 2013 un rapport complet et des recommandations pour une nouvelle politique de migration.

Ces recommandations portaient notamment sur la situation des réfugiés et des demandeurs d’asile, la situation des migrants documentés et sans papiers et la lutte contre le trafic d’êtres humains, a-t-il poursuivi.

Et le secrétaire général du CNDH de faire savoir que sur la base des recommandations du rapport, le gouvernement a lancé une nouvelle politique et stratégie en matière d’immigration et d’asile, relevant que dans le cadre de cette stratégie, le Maroc a initié deux campagnes, l’une en 2014 et l’autre en 2017, visant à régulariser les migrants.

Grâce à la stratégie nationale en matière d’immigration et d’asile, a-t-il relevé, les autorités marocaines ont également documenté un certain nombre de réfugiés reconnus par le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, ajoutant qu’elles ont aussi mis en place divers mécanismes et pris des mesures pour soutenir l’intégration des étrangers documentés au Maroc.

M. Bensalah a conclu que le Maroc a mis en œuvre une approche basée sur le genre dans ses campagnes de régularisation des migrants et a décidé d’adopter cette approche pour régulariser la situation de toutes les femmes et les filles migrantes.

Les autres intervenants à cette conférence de deux jours ont dressé le bilan du mandat du rapporteur spécial de l’ONU sur les droits humains des migrants, en examinant l’expérience acquise et l’évolution du mandat durant ces 20 dernières années et en identifiant les réalisations, les défis, les opportunités et les priorités futures.

Les panélistes ont été appelés aussi à partager leurs expériences sur leur coopération avec les rapporteurs spéciaux en relation avec les rapports thématiques annuels, en abordant l’impact de ces rapports et recommandations sur l’évolution des normes et législations nationales en matière de promotion et de protection des droits de l’Homme des migrants.

Cette conférence de deux jours a notamment pour objectif de faire le point sur le travail de rapporteur spécial et d’aller de l’avant dans l’accomplissement de ses missions. Elle permettra également au titulaire du mandat, ainsi qu’aux acteurs institutionnels concernés, de réfléchir sur l’impact des recommandations des rapporteurs spéciaux aux niveaux national, régional et international, et sur les défis auxquels sont confrontés les droits de l’homme des migrants aujourd’hui et d’explorer les thèmes prioritaires pour les travaux futurs du mandat.

Les travaux se focalisent sur les différentes méthodes de travail du mandat (rapports thématiques, visites de pays, communications et autres activités de plaidoyer), la contribution de ce travail à la protection et la promotion des droits de l’homme de tous les migrants et les enseignements à tirer pour les travaux futurs du mandat.

Les rapporteurs spéciaux de l’ONU font partie de ce qui est désigné sous le nom des “Procédures Spéciales” du Conseil des droits de l’homme. Ces experts suivent la situation spécifique de certains pays ou des questions thématiques partout dans le monde.

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