Face à un président Trump qui a qualifié les changements climatiques de “canular” et s’est mis à démanteler toutes les politiques environnementales de son prédécesseur, les candidats à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2020 ont érigé ce sujet en priorité majeure de leurs programmes électoraux respectifs.

Alors qu’un nombre croissant d’Américains décrivent le changement climatique comme une crise et les deux tiers disent que le président Trump n’en fait pas assez pour s’attaquer au problème, le fossé se creuse entre l’opinion publique et l’administration Trump, qui a agressivement réduit les réglementations environnementales de l’époque de l’ancien président Barack Obama et renoncé au rôle des Etats-Unis en tant que leader mondial dans la promotion de l’action climatique.

En effet, un récent sondage réalisé par le Washington Post et la Kaiser Family Foundation (KFF) révèle qu’une forte majorité d’Américains – environ 8 sur 10 – disent que l’activité humaine alimente le changement climatique, et environ la moitié pense que des mesures urgentes s’imposent au cours de la prochaine décennie si l’on veut éviter les pires impacts sur l’humanité.

En outre, près de 4 personnes sur 10 affirment désormais que le changement climatique est une “crise”, contre moins d’un quart il y a cinq ans.

Bien que les démocrates et les indépendants aient plus tendance à penser que le changement climatique est causé par l’activité humaine, désormais, une majorité de républicains (60%) affirme croire de même, et 23% des sondés appartenant au GOP (parti républicain) disent qu’ils désapprouvent la façon dont Trump traite le problème, relève la même enquête d’opinion, ce qui montre que le sujet pourrait aussi poser problème au président dans sa course à la réélection pour un second mandat.

Devant l’ampleur que prend cette question chez l’opinion publique, les candidats aux primaires du parti démocrate ont tour à tour dévoilé des programmes détaillés et très ambitieux dotés de milliers de milliards de dollars d’investissements, avec pour objectif principal de réduire à zéro les émissions de dioxyde de carbone d’ici 2050 au plus tard.

Cet objectif est beaucoup plus ambitieux que celui d’Hillary Clinton, la candidate démocrate en 2016, qui s’était engagée à “mettre le pays sur la voie d’une réduction des émissions de plus de 80% d’ici 2050”.

Tous les principaux candidats démocrates se sont engagés à faire en sorte que les États-Unis rejoignent une nouvelle fois l’accord de Paris sur le climat, revenant ainsi sur une décision phare du président Donald Trump, un “climato-sceptique” qui a retiré son pays d’un engagement majeur de la communauté internationale pour inverser la tendance des changements climatiques.

 

Mais les prétendants ne se contentent pas de s’attaquer à Trump seul sur le climat ou de promettre l’abrogation du dispositif réglementaire de l’administration actuelle, notamment en rétablissant le “Clean Water Plan” (Plan pour une énergie propre) visant à réduire les émissions des centrales électriques, l’efficacité du kilométrage parcouru par les véhicules, les standards de pollution, et le rétablissement de l’interdiction de toute nouvelle exploitation de charbon sur des terres fédérales.

 

Chacun des principaux candidats dispose au minimum d’un plan climat de plusieurs pages – la sénatrice du Massachusetts, Elizabeth Warren, en a plusieurs – avec pour objectif principal de permettre à l’économie américaine de fonctionner avec des sources d’énergie propres, et non des combustibles fossiles.

Alors que tous les candidats se sont mis d’accord sur cet objectif, ils diffèrent dans la manière et les moyens de l’atteindre. Si le favori des sondages, l’ancien vice-président Joe Biden, prévoit environ 5.000 milliards d’investissements, le candidat progressiste Bernie Sanders propose une enveloppe faramineuse de 16.300 milliards de dollars.

Vu l’importance accordée par la base démocrate à la crise climatique, les militants écologiques, notamment le Sunrise Movement, ont appelé la direction du parti à organiser un débat officiel consacré exclusivement à la question, mais le Comité national démocrate (DNC) leur a opposé un refus catégorique.

La chaîne CNN allait vite remplir ce vide et organiser son propre débat, en invitant les candidats à présenter leurs programmes climat respectifs tour à tour, le 04 septembre dernier, dans le cadre d’un forum “Town hall climate” qui a duré sept heures. Une occasion unique pour les prétendants à l’investiture démocrate de se démarquer l’un de l’autre.

Le forum est probablement le plus long événement télévisé consacrée à la lutte contre le changement climatique diffusé en prime time. De quoi encourager des émules. C’est ainsi que l’autre grand réseau câblé américain, la chaîne MSNBC compte organiser son propre “Town Hall” forum consacré exclusivement au climat.

L’événement, prévu les 19 et 20 septembre à l’université Georgetown de Washington, est ouvert aux candidats démocrates, mais aussi à un candidat républicain, l’ancien gouverneur du Massachussetts, Bill Weld, l’un de trois membres du GOP qui veulent défier Trump à la primaire républicaine.

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