Le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Ahmed Reda Chami, a préconisé, mardi à Rabat, la mise en place d’une gouvernance territoriale capable d’orienter l’action publique dans une perspective durable, impliquant des stratégies anticipatrices et convergentes à plusieurs échelles temporelle et spatiale.

M. Chami, qui intervenait à l’ouverture d’une table ronde sous la thématique “Développement régional et inégalités territoriales”, coorganisée par le CESE et la Banque mondiale, a relevé que cette rencontre sera l’occasion de dresser une présentation croisée entre les rapports de la Banque mondiale qui étudient entre autres les disparités régionales et les enjeux de l’urbanisation et ceux du CESE qui examinent la question de la régionalisation et gouvernance territoriale.

L’objectif de cette rencontre, a-t-il poursuivi, est de mettre la lumière sur les expériences réussies à travers le monde et de dégager des recommandations concrètes susceptibles de faire converger les régions autour d’une logique de développement intégré et harmonieux.

Pour sa part, la directrice du département durable du Groupe banque mondiale, Ayat Soliman, a souligné que l’étude intitulée “convergence: cinq conditions pour réduire les disparités régionales dans la région Moyen-orient Afrique du Nord” met en évidence l’impuissance des politiques actuelles à faire converger les régions.

“En dépit des investissements massifs dans les zones les plus en retard économiquement et notamment des projets importants de construction de logements, les disparités territoriales ont tendance à augmenter dans la région MENA”, a-t-elle fait savoir, notant que “les causes de l’exclusion ne sont pas physiques ou spatiales mais économiques et institutionnelles”.

S’agissant des principales insuffisances institutionnelles qui freinent la convergence régionale, Mme. Soliman a cité notamment les barrières à l’entrée, soulignant que le climat des affaires dans la région MENA a besoin d’être amélioré et que le manque d’infrastructures n’incite pas à investir dans les régions en retard économiquement.

Il a également évoqué le contrôle centralisé des services publics locaux et des revenus ainsi que les réglementations rigides et dépassés dans les territoires les plus dynamiques, lesquels entravent le développement en obstruant le marché du foncier et en limitant les économies d’agglomérations.

Elle a aussi pointé du doigt la persistance de certains obstacles qui limitent la libre-circulation des marchandises, des personnes (migration, tourisme et affaires) et de l’information, et partant les échanges économiques et commerciaux.

Mme. Soliman a, à ce propos, souligné l’impératif de renforcer la coordination et la complémentarité, à travers un nouveau cadre d’intervention. “Les stratégies de développement doivent être multidimensionnelles en englobant la question de l’accès à l’énergie, au transport, au foncier, au marché et en s’adaptant au lieu plutôt que d’adopter des stratégies concurrentielles ou séquentielles” a-t-elle fait savoir.

Elle a, par ailleurs, relevé que la répartition des rôles et des responsabilités entre les différents paliers (local,régional et national) ainsi que le développement des modèles souples de prestation de services demeurent essentiels, soulignant dans ce cadre la nécessité de construire des villes connectées en vue d’accroître les économies d’agglomération et de spécialisation.

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