Les atouts dont dispose le Maroc en matière d’attractivité des investissements et le rôle du capital investissement dans le financement de l’économie nationale ont été en débat, mercredi à Casablanca, à l’occasion de la 9ème édition de la Conférence annuelle du capital investissement (CACI).

Initié par l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC), cet événement phare de l’industrie marocaine du capital investissement constitue une occasion idoine pour échanger autour des sujets d’actualité concernant le capital investissement, ainsi que pour susciter un débat sur le développement, l’internationalisation et les défis de cette profession.

Il est aussi question de créer un contexte favorable pour le réseautage et le partage d’information entre les acteurs-clés du secteur, de discuter du “mind set” des investisseurs et des opportunités de développement et d’établir une plateforme pour construire et solidifier les relations de l’AMIC avec les entreprises, les investisseurs, les pouvoirs publics et toutes les professions liées au capital investissement.

 

Le capital investissement, solution pour faire émerger des projets innovants et des champions nationaux (AMIC)

Intervenant à cette occasion, le président de l’AMIC, Adil Rzal a souligné que le capital investissement constitue plus que jamais la solution pour faire émerger des projets innovants, des champions nationaux et des transmissions d’entreprises réussies.

Ce capital joue le rôle de moteur pour le financement et l’accompagnement des entrepreneurs, a relevé M. Rzal, appelant dans ce sens les investisseurs nationaux publics, institutionnels et privés à considérer le capital investissement dans leurs stratégies d’investissement.

Par ailleurs, il a noté que le Maroc dispose de nombreux atouts permettant d’asseoir les bases pour attirer les investissements, précisant qu’il s’agit notamment des infrastructures publiques et privées, de la politique d’accélération industrielle organisant des écosystèmes autour de locomotives industrielles, de ressources humaines qualifiées, d’une stabilité politico-juridique et d’un positionnement géographique ouvert sur le continent.

En revanche, a poursuivi M. Rzal, “les entreprises nationales ont des difficultés à capter la croissance induite en raison d’un manque de fonds propres avec comme corollaire la faiblesse des standards proposés (normes techniques, d’hygiène, sécurité, environnement, etc)”.

Il a, en outre, fait remarquer que les investisseurs nationaux et étrangers disposent de liquidités conséquentes mais souffrent de l’asthénie des rendements offerts par le marché des capitaux.

De son côté, le secrétaire général du ministère de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’administration, Zouhair Chorfi, a indiqué que cette conférence consacre la volonté des acteurs du capital investissement à développer cette industrie et à en faire un levier pour le financement de l’économie.

Elle intervient dans une période très particulière marquée notamment par le lancement récemment du Programme intégré d’appui et de financement des entreprises et la mise en place par le Fonds Hassan II pour le développement économique et social d’un complément de financement de 2 milliards de dirhams (MMDH) à ce programme, a-t-il soutenu.

M. Chorfi a, par ailleurs, fait remarquer que la question du financement de l’économie en général et de l’investissement privé, en particulier, a toujours été au centre des priorités gouvernementales.

A cet égard, il a rappelé les efforts menés ces dernières années en matière d’amélioration du climat des affaires, lesquels ont permis au Royaume de faire un saut de la 113ème à la 53ème position au classement du Doing business.

Il s’agit aussi de la poursuite de la réforme du secteur financier, notamment le marché des capitaux et le renforcement et la diversification des programmes d’appui aux financements de l’entrepreneuriat, a ajouté M. Chorfi, précisant que ce dernier volet est aujourd’hui érigé en priorité au plus haut niveau de l’Etat et ce, dans le contexte de la promotion de l’initiative privée et du soutien de l’acte d’entreprendre qui sont désormais considérés comme des leviers fondamentaux pour l’accélération de la création de l’emploi, l’inclusion socio-économique et le développement territorial.

Il a, en outre, mis l’accent sur le rôle important que peut jouer l’industrie du capital investissement dans la croissance et le développement des entreprises par son apport en termes de renforcement de fonds propres, mais également en matière d’accompagnement, d’amélioration de la gouvernance et d’ouverture de nouvelles perspectives à leur développement.

Pour sa part, le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Ahmed Réda Chami, a relevé que le Maroc devrait augmenter davantage sa croissance. “Nous avons besoin de passer à un nouveau palier de 6% de croissance. Pour ce faire, il est nécessaire de réussir un choc entrepreneurial”, a-t-il dit.

M. Chami a, dans ce sens, insisté sur la promotion de la création des entreprises, la densification du secteur et l’orientation vers des activités plus productives.

Ainsi, la question du financement s’avère primordiale, a-t-il noté, soulignant le rôle important des investisseurs en capital dans l’accompagnement des entreprises.

Toutefois, ces investisseurs doivent, en contrepartie, être rassurés qu’il y a un cadre légal qui leur permet de gérer le risque et de réaliser un rendement intéressant sur leurs investissements, a souligné M. Chami.

Au menu de cette 9ème édition de la CACI, figure plusieurs panels traitant des thèmes variés axés principalement sur le capital investissement en Afrique sous différents angles (réglementation, performance, développement, transmission et innovation).

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