Le bilan des violents feux de brousse qui ravagent l’Australie est passé à 24 morts, ont indiqué les autorités, précisant que des milliers de pompiers luttaient contre plus de 150 grands incendies qui ont détruit plus de 5 millions d’hectares.

La semaine dernière, une dizaine de personnes ont été tuées par les incendies dans les Etats de la Nouvelle-Galles du Sud et du Victoria qui ont isolé des villes entières, détruit des centaines de maisons et choqué le monde avec des images d’habitants et de touristes contraints de se réfugier sur les plages.

Une évacuation de masse a été ainsi ordonnée sur un tronçon côtier de 350 kilomètres de Nowra – à environ trois heures de route au sud de Sydney – jusqu’à la frontière avec l’État du Victoria, où un état d’urgence a été décrété sur une superficie plus grande que la Belgique.

Les feux de brousse, qui sévissent dans les six États australiens, ont causé le plus grand nombre de décès depuis le brasier qui avait tué 173 personnes en février 2009. Baptisé “Samedi noir”, le brasier du 7 février 2009 est considéré comme la catastrophe naturelle la plus meurtrière de l’Australie moderne.

Plus de 5 millions d’hectares sont déjà partis en fumée depuis le début de la saison des incendies en septembre dernier. L’ampleur des feux de brousse éclipse les incendies de Californie en 2018, qui ont détruit environ 700.000 hectares.

Selon l’Université technologique de Sydney, quelque 480 millions d’animaux indigènes auraient péri dans les flammes, notamment dans l’État de la Nouvelle-Galles du Sud, tandis que des dizaines de milliers de têtes de bétail auraient été perdues dans l’Etat du Victoria, selon le ministre d’Agriculture de l’Etat.

La catastrophe a attisé les inquiétudes croissantes concernant le changement climatique sur le continent le plus sec du monde et a déclenché une réaction violente contre le gouvernement conservateur.

Le Premier ministre Scott Morrison a été chahuté jeudi par des habitants en colère lors de sa visite dans la ville de Cobargo, touchée par les feux de brousse, où deux personnes sont mortes plus tôt cette semaine, tandis que d’autres ont refusé de lui serrer la main et ont appelé à davantage de ressources pour faire face à la catastrophe.

Les écologistes ont appelé le gouvernement à prendre des mesures plus concertées pour réduire les émissions dans un pays qui tire la majeure partie de son énergie de la combustion de combustibles fossiles et génère des revenus massifs grâce aux exportations du charbon.

Dimanche, les habitants de Canberra s’étaient réveillés enveloppés dans un épais nuage de fumée orange, alors que les feux de brousse faisaient rage à l’est et à l’ouest de la capitale fédérale.

Canberra s’affichait déjà comme la ville avec le pire indice de qualité de l’air dans le monde, pire que Sarajevo en Bosnie-Herzégovine, Lahore au Pakistan et Delhi en Inde.

Selon l’indice de la qualité de l’air (AQI), qui mesure les niveaux de pollution dans l’air, des valeurs allant de 100 à 149 sont considérées comme mauvaises, des mesures allant de 150 à 199 sont considérées comme très mauvaises, tandis que des valeurs supérieures à 200 sont considérées comme dangereuses pour la santé.

À 5 heures du matin, plusieurs régions de la capitale fédérale ont été évaluées au-dessus de 1.000. Record: Le quartier de Florey a enregistré une mesure sans précédent de 2.210, soit plus de dix fois le niveau considéré comme dangereux. La visibilité ne dépassait pas les 300 mètres.

La fumée orange, qui a rendu la respiration très difficile, a envahi les maisons et les bureaux de la capitale fédérale.

Le niveau de danger d’incendie dans le Territoire de la capitale australienne pour dimanche est élevé et une interdiction totale de feu a été déclarée. Un état d’alerte reste en place pour le Territoire de la capitale australienne.

Selon le Bureau national de la météorologie, la fumée sera probablement plus épaisse le matin et le soir, et devrait persister dans les prochains jours.

Les conditions météorologiques devraient encore se détériorer au cours des prochains jours en Australie, qui est habituée aux feux de forêt lors de l’été austral, mais cette année, ils ont été particulièrement précoces et violents.

Des chercheurs expliquent leur gravité par une conjonction de facteurs, notamment des précipitations très faibles, des températures record et des vents forts. Beaucoup estiment que le réchauffement climatique contribue à favoriser ces conditions.

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