L’Arménie traverse une profonde crise politique depuis sa débâcle dans la région indépendantiste du Nagorny Karabakh face à l’Azerbaïdjan.

Après six semaines de combat ayant fait plus de 6.000 morts, le gouvernement arménien a été contraint mi-novembre d’accepter un cessez-le-feu, sous la médiation de Moscou, qui a consacré d’importants gains territoriaux pour l’Azerbaïdjan et le déploiement de forces de maintien de la paix russes.

L’Arménie a notamment perdu la ville symbolique de Choucha et des territoires entourant cette région qui avait fait sécession de l’Azerbaïdjan au début des années 1990, lors d’un premier conflit ayant causé la mort de 30.000 personnes.

La défaite de l’automne 2020, après des décennies de rhétorique guerrière célébrant la victoire des années 1990, est un important revers historique pour Erevan.

Le Premier ministre arménien s’est déclaré lundi prêt à des élections législatives anticipées pour mettre fin à la crise politique que connaît le pays.

“Si l’opposition parlementaire est d’accord pour des élections anticipées, nous serons aussi d’accord”, a lancé M. Pachinian, dont le parti dispose actuellement d’une majorité au Parlement.

“Seul le peuple peut décider qui restera au pouvoir”, a souligné M. Pachinian, arrivé au pouvoir en 2018.

La déclaration de Nikol Pachinian intervient alors qu’il a réuni lundi soir des milliers de ses partisans en plein centre de la capitale Erevan pour montrer que “le peuple est disposé à soutenir l’ordre démocratique”.

L’opposition organisait de son côté une manifestation de ses soutiens en même temps dans un autre endroit de la ville pour obtenir son départ.

L’opposition réclame la démission de Nikol Pachinian, critiqué pour la défaite dans la guerre de l’automne 2020 au Nagorny Karabakh.

La confrontation entre le Premier ministre et l’opposition a été ravivée par l’appel la semaine dernière de l’état-major à la démission de Nikol Pachinian.

Le Premier ministre a immédiatement dénoncé une tentative de coup d’Etat militaire, ordonné le limogeage du chef de l’armée et rassemblé le jour même 20.000 sympathisants dans la rue.

De son côté, l’opposition s’est aussi mobilisée avec trois jours consécutifs de manifestations, de jeudi à samedi.

 

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