La majorité des pays africains peinent à assurer le bien-être de leurs populations et des secteurs vitaux tels que l’éducation, la santé et la sécurité dépendent en grande partie de l’aide extérieure, a déploré le président de la Commission de l’Union africaine (CUA), Moussa Faki Mahamat.

«En dépit d’un potentiel économique considérable, d’un capital humain riche, jeune et dynamique, la majorité des Etats africains peinent à assurer le bien-être de leurs populations. Des secteurs vitaux tels que l’éducation, la santé et la sécurité dépendent en grande partie de l’aide extérieure», a relevé M. Faki Mahamat dans une déclaration publiée à l’occasion de la Journée mondiale de l’Afrique.

Le communautarisme et le tribalisme se sont davantage cristallisés à la faveur d’un multipartisme et des principes démocratiques parfois dévoyés, a souligné le président de la Commission de l’UA.

Evoquant le volet sécuritaire, M. Faki Mahamat a fait état «des crises ouvertes, générées par le terrorisme et des conflits interethniques ou interconfessionnels aux crises post-électorales», notant que «l’Afrique offre toujours, ici ou là, des scènes de violences, de fragilités et d’incertitudes du lendemain».

«Dans ce décor mitigé, transparaissent tout de même des lueurs d’espoir, tant la volonté de vaincre la fatalité est grande et les moyens de briser le cercle de la dépendance et de la pauvreté sont significatifs», a toutefois relevé le président de la Commission, ajoutant que des évolutions positives, des dynamiques nouvelles, des volontés farouches, des réussites spectaculaires ne cessent de s’affirmer et de baliser les chemins du futur.

«Les organisations régionales se construisent, les projets phares continentaux tels que la ZLECA prennent la bonne direction. L’intégration économique du Continent, autre rêve fondateur de nos peuples est désormais à portée de main. L’émergence du Continent est assurément là. Pourtant, le vœu ardent des peuples et de la jeunesse africaine notamment, est que le leadership et la gouvernance fassent davantage pour que l’Afrique donne, à elle-même, le meilleur d’elle-même», a dit M. Faki Mahamat.

Une vision plus africaniste de ce leadership, centrée sur des objectifs stratégiques communs et engageants s’impose si nous voulons poursuivre le rêve légitime de notre jeunesse et des pères fondateurs, a-t-il souligné.

Pour ce qui est de la réforme de l’Union africaine, le président de la Commission a noté que cette réforme est «censée doter la Commission de moyens juridiques et politiques appropriés pour être cet instrument efficace pour la réalisation de nos actions prioritaires dont l’essence est reflétée dans l’agenda 2063».

Revenant sur la pandémie du Coronavirus, M. Faki Mahamat a souligné que l’Afrique, à la grande surprise de ceux qui l’on toujours peu considérée, s’est mobilisée aux premières heures du déclenchement de la pandémie. Une stratégie continentale de réponse a été élaborée et immédiatement mise en œuvre, a-t-il soutenu.

«Nous devons cependant redoubler d’efforts, de détermination et de persévérance dans l’application stricte des piliers de cette stratégie. Il nous faut aller au-delà de la conjoncture, en nous préparant aux conditions du monde post pandémie», a poursuivi le président de la Commission, relevant que le Continent «est instamment interpelée à inventer de nouvelles formes de résilience».

L’Afrique «est instamment interpellée pour tracer sa propre voie. Sa dépendance et son insécurité alimentaires sont inadmissibles et intolérables, de même qu’il en est de l’état de ses infrastructures routières, portuaires, sanitaires et éducatives. Ses terres, ses forêts, sa richesse animalière, ses mines, ses potentiels énergétiques, ses eaux maritimes et fluviales recèlent les ressources nécessaires pour une réponse suffisante aux besoins de ses populations. Il nous faut, en toute lucidité, courageusement, nous décider pour une approche innovante, plus introvertie qu’extravertie », a-t- souligné.

Bouton retour en haut de la page
Fermer