Un enfant sur deux dans le monde est victime d’actes de violence physique, sexuelle ou psychologique qui entraînent des traumatismes, des handicaps voire son décès, selon une nouvelle étude co-réalisée par plusieurs entités des Nations-Unies.

“Le Rapport de situation 2020 sur la prévention de la violence à l’encontre des enfants dans le monde” déplore ainsi que ces violences à l’encontre des enfants continuent de se produire principalement en raison du fait que les pays ne parviennent à appliquer les stratégies établies pour protéger ces enfants.

Co-publié par le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (UNICEF), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’UNESCO, et la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU chargée de la question de la violence contre les enfants et le Partenariat pour l’élimination de la violence, Najat Maalla M’jid, le rapport appelle les pouvoirs publics à agir davantage et signale que la Covid-19 a des conséquences dramatiques sur la situation des enfants dans le monde.

“La violence à l’encontre des enfants a toujours été omniprésente, et la situation pourrait maintenant sensiblement s’aggraver”, s’est inquiétée la Directrice générale de l’UNICEF, Henrietta Fore, dans un communiqué.

“En raison du confinement, de la fermeture des établissements scolaires et de la restriction des déplacements, beaucoup trop d’enfants ont dû rester avec les personnes qui les maltraitent et n’ont pas pu aller à l’école, où ils auraient été normalement à l’abri. Il faut d’urgence faire davantage d’efforts pour protéger les enfants pendant cette période et après, y compris en considérant les travailleurs sociaux comme essentiels et en renforçant les services d’aide téléphonique à l’enfance”, a plaidé Mme Fore.

Les mesures de confinement et la fermeture des établissements scolaires ont limité les sources habituelles de soutien aux familles et aux personnes (amis, famille élargie, professionnels). Ainsi, les victimes ont encore moins la possibilité de gérer les crises et la réorganisation de leur vie quotidienne, selon le rapport, qui fait état d’une forte augmentation du nombre d’appels aux centres d’aide téléphonique aux enfants maltraités et aux victimes de violence du partenaire intime.

Aussi les communautés en ligne sont devenues essentielles pour que de nombreux enfants continuent à apprendre, à jouer et à bénéficier de soutien, mais une recrudescence des comportements néfastes en ligne a été observée, dont le cyberharcèlement, les conduites à risque et l’exploitation sexuelle.

“Pendant la finalisation de ce rapport, les mesures de confinement et la perturbation des services de protection de l’enfance, déjà limités, ont exacerbé la vulnérabilité des enfants face aux différentes formes de violence”, a affirmé, de son côté, Najat Maalla M’jid, la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU chargée de la question de la violence contre les enfants.

Selon la Représentante spéciale, il est indispensable de mettre en place un cadre d’action multisectoriel unifié et axé sur les droits de l’enfant pour répondre à cette crise.

“Les gouvernements, les donateurs bilatéraux et multilatéraux, la société civile, le secteur privé et les enfants, dont l’opinion doit être entendue et réellement prise en compte, doivent se mobiliser pour que les enfants soient protégés comme il se doit et puissent tous s’épanouir et livrer pleinement leur potentiel”, a ajouté Mme M’jid, cité dans le communiqué.

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