Le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a réaffirmé lundi soir son engagement formel à combattre la corruption et l’impunité pour concrétiser le “changement” souhaité par les Congolais, soulignant que son objectif “n’est pas de voir les méchants périr, mais plutôt qu’ils changent”.

“ La lutte contre l’impunité, contre la corruption et les antivaleurs, constituent les éléments centraux de ma stratégie, sans lesquels tout réel espoir de changement est impossible. Mais dès lors que nous avons en toute conscience choisi de privilégier la réconciliation nationale pour mieux construire l’avenir et préserver la paix, la lutte contre l’impunité ne doit en aucun cas se transformer en vengeance, ni en chasse aux sorcières », a affirmé M. Tshisekedi dans un message télévisé à l’occasion du 60ème anniversaire de la RDC.

Dès son discours d’investiture le 24 janvier 2019, M. Tshisekedi a promis qu’“une lutte efficace et déterminée contre la corruption et les anti-valeurs notamment l’impunité, la mauvaise gouvernance, le tribalisme” soit une priorité du gouvernement. La condamnation, le 20 juin dernier, de son propre directeur de cabinet, Vital Kamerhe, à 20 ans de travaux forcés intervient dans le cadre de cette politique de lutte contre l’impunité avec comme but l’instauration d’un “véritable Etat de droit” qu’il a promis.

Lundi, le chef de l’Etat congolais a nuancé qu’“aucune réconciliation crédible ne peut être envisagée”, en continuant avec “les pratiques anciennes de la corruption, de la ruse et du crime”, soulignant que l’engagement qu’il a pris “c’est de donner la chance à tous les congolais, sans exclusive, d’envisager l’avenir en toute liberté et en toute quiétude, mais sur de nouvelles bases morales”.

Toutefois, “en aucun cas cet engagement ne peut signifier la poursuite de l’impunité. M’inspirant des saintes écritures, mon objectif n’est pas de voir les méchants périr, mais plutôt qu’ils changent, qu’ils soient sauvés et que le pays tout entier s’en réjouisse», précise-t-il.

En pleine crise politique, M. Tshisekedi a par ailleurs mis en garde ses partenaires de la coalition au pouvoir, les forces politiques de son prédécesseur Joseph Kabila, majoritaires au Parlement, en affirmant qu'”aucune majorité politique ou parlementaire, d’où qu’elle vienne, ne peut outrepasser les principes fondateurs de la République”.

Il a laissé entendre qu’il n’accepterait “sous aucun prétexte” une réforme de la justice très controversée que les députés pro-Kabila veulent faire adopter au parlement, où ils ont la majorité, estimant que “les réformes dans ce secteur doivent être dictées, non par le souci d’assurer la protection d’une personne ou d’un groupe de personnes, mais plutôt par le souci d’apporter plus d’efficacité au fonctionnement de la justice”.

Le Front commun pour le Congo (FCC, le parti de M. Kabila) défend trois propositions de loi sur le statut des magistrats et l’organisation des juridictions. Le parti de M. Tshisekedi, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a dénoncé un danger pour “l’indépendance de la magistrature”

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