Des défenseurs des droits de l’Homme en provenance de différents pays arabes sont réunis, du 5 au 8 octobre courant, à Casablanca, dans le cadre d’un Atelier sur le thème ‘’Vers une protection juridique de l’action des défenseur-e-s des droits des femmes’’.

Cet atelier est organisé par le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH), en partenariat avec le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH).

Ouvrant les travaux de cet Atelier, la présidente du CNDH, Amina Bouayach, a mis en relief l’importance que revêt cette thématique qui jette la lumière sur le rôle, de premier plan, que jouent les défenseur-e-s des Droits de l’Homme en matière de protection et de dénonciation des atteintes portées à ces Droits.

Elle a souligné, à cet égard, que pour faire face aux difficultés et aux obstacles qui entravent le travail de ces défenseur-e-s, il est impératif d’élaborer d’urgence des stratégies à long terme, sans que cela empêche l’identification des priorités à court et à moyen terme, centrées sur trois points essentiels à savoir l’amélioration du cadre juridique et son harmonisation avec les conventions internationales en la matière, le renforcement des mécanismes institutionnels de protection et la consolidation du rôle central du système éducatif.

Mme Bouayach a également mis l’accent sur l’environnement dangereux où opèrent souvent des défenseur-s-e des Droits de l’Homme. Cet environnement n’est pas toujours sécurisé pour les aider à jouer pleinement leur rôle, ce qui les expose parfois à des dangers menaçant leur vie, a-t-elle dit. Elle a, à cet égard, cité des statistiques des Nations unies, selon lesquelles un total de 1100 défenseur-e-s des Droits humains ont été tués, entre 2015 et 2017.

Après avoir fait observer que les Droits de l’Homme connaissent un recul dans certaines domaines et régions dans le monde, Mme Bouayach a relevé que les défenseures de ces Droits sont les principales victimes de ce déclin, en raison de la diffamation et des atteintes à leur dignité et à leur honneur. Elles sont souvent même la cible de menaces de mort.

Ces femmes sont souvent visées lorsqu’elles travaillent sur des questions considérées comme ‘’sensibles’’ ou ‘’interdites’’ dans certaines sociétés, tels les droits économiques et sociaux, l’égalité des sexes dans tous les domaines et la santé sexuelle et reproductive, a-t-elle fait remarquer.

Elle a, par ailleurs, passé en revue une série d’activités du CNDH, notant que, tout en prêtant une attention particulière au soutien des victimes de violations et en développant des méthodes d’intervention et une diversification des modes de travail, le Conseil place au centre de ses priorités la question du renforcement des capacités des défenseur-e-s des Droits de l’Homme. Le Conseil prévoit également de nouer des partenariats avec des acteurs internationaux pour renforcer les capacités de ces défenseur-e-s, en particulier dans le domaine des Droits des femmes.

Selon les organisateurs, l’objectif de cet Atelier est de permettre aux défenseur-e-s des Droits des femmes de contribuer à la défense et à la protection d’autres groupes de défenseur-e-s dans la région arabe à travers l’utilisation efficace du Système des droits de l’Homme des Nations unies.

La protection des défenseur-e-s des droits des femmes se fera aussi par leur mise en relation avec le réseau des avocats et des conseillers juridiques dans cette région en vue de faciliter le dépôt des plaintes au sein des systèmes juridiques nationaux et internationaux, ont-ils ajouté.

Les participants auront, à cette occasion, l’opportunité d’échanger les connaissances et les expériences, et de partager les bonnes pratiques autour des défis des défenseur-e-s des droits humains et sur les moyens à même de permettre de les relever.

Les travaux de cet Atelier portent notamment sur ‘’le rôle des réseaux et alliances régionaux dans la protection de l’action des défenseures des droits femmes’’, ‘’les mécanismes internationaux des droits humains et la discrimination à l’égard des défenseur-e-s des droits humains’’.

Durant cet Atelier, un focus sera également fait sur le système de traitement des plaintes, le groupe de travail sur la discrimination à l’égard des femmes et des filles au sein du Conseil des droits de l’Homme et la révision des législations nationales qui protègent l’action des défenseur-e-s- des droits humains.

Participent à cet atelier plusieurs femmes défenseures des droits humains représentant des pays de la région arabe, outre un groupe d’avocats pour permettre aux participantes d’avoir un aperçu sur l’aspect juridique relatif à cette question

 

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