Le gouvernement français a présenté, jeudi soir, sa stratégie vaccinale contre le nouveau coronavirus, qui ciblera dans une première étape, à compter de janvier prochain, les personnes vulnérables.

Pour cette campagne vaccinale, la France aura un potentiel de 200 millions de doses de quoi vacciner 100 millions de personnes, avec une “marge de sécurité” afin de “garantir que la France ait suffisamment de vaccins pour sa population”, a indiqué le premier ministre Jean Castex, lors d’une conférence de presse.

Le gouvernement a budgété 1,5 milliards d’euros pour 2021 pour la vaccination, qui sera gratuite pour tous, a-t-il dit, ajoutant que la vaccination se fera progressivement en trois étapes.

Le début de cette campagne, coordonnée par l’infectiologue Alain Fischer, est une “question de semaines”, a estimé M. Castex, relevant qu’avant le 29 décembre, l’Agence européenne du médicament se prononcera sur les autorisations de mise sur le marché de ces vaccins dont trois types sont en phase 3 de tests cliniques à savoir ceux de Pfizer, Moderna et Sanofi.

Les vaccins devront par la suite recevoir les autorisations des autorités françaises compétentes, a-t-il dit, faisant observer que la stratégie vaccinale sera présentée au Parlement par souci de “transparence”.

Un conseil d’orientation de la stratégie vaccinale sera mis en place auprès du ministère de la Santé et sera chargé d’appuyer le gouvernement dans les choix qu’il sera conduit à faire en la matière, a précisé le chef du gouvernement, ajoutant que ce conseil comprendra les représentants des différentes parties prenantes que l’exécutif entend associer à la mise en oeuvre de cette politique vaccinale, dont des experts scientifiques y compris des sciences humaines et sociales, des professionnels de santé, des représentants des collectivités territoriales, des associations des patients et des citoyens.

Pour sa part, le ministre de la santé, Olivier Véran a détaillé les différentes étapes de cette campagne, notant qu’un million de personnes vulnérables, les personnes âgées en Ehpad et les professionnels de ces établissements lorsqu’ils présentent une vulnérabilité liée à leur âge ou à leur état de santé, devraient être vaccinés dès janvier pour la première phase.

La deuxième phase, qui devrait débuter en février jusqu’au printemps, concerne 14 millions de personnes, notamment celles avec des facteurs de risques liés à l’âge (plus de 75 ans puis plus de 65 ans) ou une pathologie chronique et les personnels de santé, a-t-il expliqué.

Et enfin la campagne sera élargie au reste de la population, d’avril à juin, a expliqué le ministre de la Santé, insistant que l’objectif de cette stratégie vaccinale est de faire baisser les formes graves du Covid-19 et garantir la sécurité sanitaire du pays.

Il a également fait savoir que le vaccin ne sera pas obligatoire et devra respecter un haut niveau de sécurité.

M. Véran a appelé les Français à se faire vacciner, notant que les personnes prioritaires se verront proposer une consultation médicale avant leur vaccination, pour les informer, évaluer leur état de santé et recueillir leur consentement pour la vaccination.

Pour les personnes âgées en Ehpad, les familles seront “évidemment” consultées, a-t-il indiqué, ajoutant que les études de phase 3 ont montré que des personnes vaccinées ayant eu le coronavirus «n’ont pas fait de réaction particulière».

Le ministre est revenu également sur la logistique qui sera mise en place pour la conservation, le transport et la distribution des vaccins sur l’ensemble du territoire français.

Pour sa part, la ministre déléguée à l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, et le secrétaire d’Etat en charge des affaires européennes Clément Beaune sont revenus sur le processus d’acquisition des vaccins au niveau européen.

Bouton retour en haut de la page
Fermer