Le gouvernement français débloquera 15 milliards d’euros dans le cadre d’un plan de soutien massif à la filière aéronautique, fortement impactée par la crise sanitaire et économique due à la pandémie du nouveau coronavirus, a annoncé le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

Ce plan de soutien représente “un effort total de 15 milliards d’euros de la nation”, a souligné le ministre lors d’une conférence de presse, en présence notamment des ministres des Armées et de la Transition énergétique et du secrétaire d’Etat aux Transports.

Il intervient après celui de 8 milliards d’euros annoncé fin mai par le président Emmanuel Macron au profit du secteur automobile, touché de plein fouet par la pandémie de Covid-19.

“Nous décrétons l’état d’urgence pour sauver notre industrie aéronautique pour lui permettre d’être plus compétitive” et “plus décarbonée” en produisant l'”avion vert” de demain, a déclaré le ministre.

La crise a été d’une “brutalité terrible” pour le secteur, avec la fermeture des aéroports en France, en Europe et partout dans le monde réduisant le trafic mondial aux rapatriements tandis que les commandes d’avions ont été repoussées, a-t-il dit, notant que la reprise sera “au mieux progressive, très probablement très lente”.

Sans ce plan, un tiers des emplois de la filière aéronautique auraient disparu, a-t-il expliqué, appelant les “industriels de tout faire pour éviter les départs contraints “.

“Si nous n’étions pas intervenus tout de suite, c’est un tiers des emplois de la filière qui auraient disparu (…) 100.000 environ sur les 300.000 emplois directs et indirects de la filière”, a indiqué M. Le Maire, estimant avoir évité un “drame social et territorial”.

Ce plan de relance sectoriel, dont le montant intègre l’aide financière de sept milliards d’euros déjà accordée à Air France-KLM, comporte deux fonds dédiés au soutien des PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) de la filière.

Il s’agit d’un fonds d’investissement doté initialement de 500 millions d’euros dès cet été avant d’atteindre un milliard d’euros à terme, pour favoriser leur développement et d’un fonds de 300 millions d’euros pour la robotisation et la numérisation.

Le plan prévoit également quelque 1,5 milliard d’euros de financement public consacrés dans les trois prochaines années à la recherche-développement, dans le but de “parvenir à un avion neutre en carbone en 2035”, a précisé le ministre.

Alors que près d’un tiers de 35.000 emplois consacrés à la R&D dans la filière aéronautique sont remis en question par les difficultés du secteur, l’objectif est de préparer les prochaines générations d’avions commerciaux, d’hélicoptères et avions d’affaires dotées de nouveaux modes de propulsion émettant moins de CO2.

Au-delà de ce plan, le secteur aéronautique continuera aussi à bénéficier de mesures non spécifiques mises en place depuis le début de la crise de Covid-19, notamment les prêts garantis par l’Etat, le dispositif du chômage partiel ainsi que les garanties publiques à l’export.

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