La désinformation, en tant que “volonté de tromper le public”, représente une “attaque contre la démocratie”, a indiqué Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) à l’occasion de la 12è session de l’édition spéciale en ligne de la conférence Atlantic Dialogues, “AD Talks”, organisée par le Policy Center for the New South (PCNS).

Intervenant lors de cette session, tenue récemment, sous le thème “l’âge de la désinformation” et qui a été modérée par Blair Glencorse, directeur exécutif, Accountability Lab, M. Boniface a souligné que “la désinformation n’est pas nouvelle, mais ce qui l’est, c’est plutôt l’essor de l’opinion publique dans le domaine de la géopolitique et l’impact des réseaux sociaux”.

Pour sa part, le correspondant du Financial Times en Afrique de l’Est et centrale, Andres Schipani, a mis l’accent sur les entraves à l’information, estimant que “le fait de laisser les gens voter en étant mal informés revient à les priver de leur droit de vote”.

“Voter sur la base de messages envoyés sur WhatsApp que personne ne prend la peine de vérifier, est un problème”, a-t-il regretté, ajoutant que “nous en sommes tous responsables et il fallait que le journalisme se poursuive dans les mêmes exigences : écouter toutes les parties prenantes et vérifier les faits”.

De son côté, Bushra Ebadi (Canada, Afghanistan), jeune ambassadrice de l’Alliance globale pour les partenariats sur les médias et la lecture de l’information (GAPMIL), une émanation de l’Unesco, a rappelé que “l’alphabétisation n’est pas seulement de savoir lire et écrire, mais aussi analyser l’information”.

Elle a souligné que “notre compréhension de l’alphabétisme est colonisée. Nous oublions que dans certaines sociétés, le savoir repose sur la culture orale”, estimant que la désinformation peut souvent venir du fait que les nouvelles ne soient pas délivrées dans les langues maternelles, dans bien des pays.

“Il existe autour de l’information tout un écosystème dans lequel certaines catégories de population sont sur-représentées. La méfiance vient aussi du fait que les gens ne se sentent pas reflétés”, a-t-elle dit, précisant qu’il existe une “surabondance d’acteurs qui se revendiquent journalistes, sans pour autant délivrer de l’information de qualité”.

Sur les solutions à mettre en valeur, Bushra Ebadi a cité le soutien aux “médias autochtones” dans certaines régions du monde et l’alphabétisation des gens, surtout dans les communautés marginalisées, “en tant que consommateurs et producteurs de l’information”.

Bouton retour en haut de la page
Fermer