La demande intérieure devrait connaitre une baisse de 4% en volume cette année, au lieu d’une hausse de 1,7% en 2019 et 3,4% par an durant la période 2010-2018, sous l’effet du double choc de la crise sanitaire et de la sécheresse, indique le Haut-Commissariat au Plan (HCP).

La contribution de cette demande à la croissance serait négative de -4,4 points, au lieu d’une contribution positive de 1,9 point en 2019, estime le HCP qui vient de dévoiler son Budget économique exploratoire 2021.

En effet, d’après le HCP, les composantes de la demande de l’économie nationale devraient, parallèlement à l’offre, subir les effets négatifs de la crise sanitaire, relevant que les mesures de confinement et de restriction devraient engendrer des changements sur les comportements des marchés et les modes de consommation des ménages.

L’investissement devrait, de même, afficher un net recul, en raison notamment de l’accentuation du mouvement de déstockage des entreprises, en limitant au maximum leurs besoins de financement dans un contexte de manque de visibilité et d’incertitude.

Dans ce cadre, la consommation des ménages devrait se replier en 2020, sous l’effet des retombées des restrictions sanitaires et des copntractions des revenus en lien avec le recul de la production et de la succession de deux mauvaises années agricoles qui devraient conduire les ménages à réduire leurs dépenses de consommation, notamment en matière de biens durables, de transport et de restauration et de loisirs, prévoit le HCP.

La consommation des ménages devrait ainsi enregistrer une évolution négative pour la première fois depuis 1997 et serait de près de -5,1% en 2020 au lieu d”une hausse de 1,8% une année auparavant, tient à faire savoir la même source, ajoutant qu’elle afficherait, par conséquence, une contribution négative à la croissance du PIB de -2,9 points au lieu d’une contribution positive d’un point en 2019.

Quant aux dépenses de consommation publique, elles devraient augmenter de 8,9%, sous l’effet de l’effort financier en faveur du Fonds spécial de gestion de la pandémie Covid-19, souligne le HCP, notant que sa contribution à la croissance serait ainsi de 1,7 point au lieu de 0,6 point en 2019. Globalement, la consommation finale nationale se serait repliée de 1,5% au lieu d’une hausse de 2,1% en 2019, contribuant ainsi négativement de -1,2 points à la croissance du PIB au lieu d’une contribution positive de 1,6 point en 2019.

Par ailleurs, l’investissement devrait connaitre un affaiblissement suite au repli de l’investissement en équipement industriel et en immobilier qui restent liés à la postériorité des dépenses d’investissement dans le contexte d’incertitude entourant la vitesse de la reprise économique. Les entreprises devraient reporter leurs investissements, leurs achats de fournitures ou leur embauche d’emplois dans un contexte d’incertitude. Le secteur de la construction, déjà en difficulté, devrait être pénalisé par l’arrêt de chantiers lors de la période de confinement et par la baisse de la demande.

Ainsi, et tenant compte du recul de la variation des stocks, attribuable principalement à un mouvement important de déstockage des entreprises suite à la crise sanitaire, conjugué aux retombées de l’année agricole, l’investissement brut devrait enregistrer une baisse de -10% au lieu de 0,8% en 2019, contribuant ainsi négativement à la croissance économique de 3,2 points au lieu d’une contribution positive de 0,3 point en 2019.

Le Budget Economique Exploratoire présente une révision de la prévision de la croissance économique nationale en 2020, ainsi que ses perspectives pour l’année prochaine. Ce budget est de nature à permettre au gouvernement et aux acteurs socio-économiques de prendre conscience de l’évolution économique prévisible en 2021.

L’élaboration de ce Budget intervient dans un contexte inédit marqué par une crise sanitaire qui a débuté en Chine et s’est propagée dans le monde entier. Elle tient compte des perspectives économiques mondiales, établies par les différents organismes internationaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Commission Européenne et la Banque Mondiale.

Ce budget tient compte également des données de la comptabilité nationale, des résultats des enquêtes trimestrielles et des travaux de suivi et d’analyse de conjoncture menés par le Haut-Commissariat au Plan.

Il se base aussi sur les données monétaires issues de Bank Al Maghrib, les données financières fournies par le ministère de l’Economie et des finances et les statistiques des échanges extérieurs fournies par l’Office des Changes.

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