“Une Union plus ambitieuse”, c’est l’intitulé choisi par Ursula von der Leyen pour son programme d’orientations politiques de la nouvelle Commission européenne (2019-2024) dont elle s’apprête à prendre les commandes dans quelques semaines.

“Je vois dans les cinq prochaines années une chance pour l’Europe: celle de se montrer plus ambitieuse chez elle afin de prendre le leadership sur la scène mondiale”, affirme-t-elle, tout en reconnaissant l’émergence de nouveaux défis climatiques, économiques, technologiques et démographiques qui ont transformé les sociétés européennes et créé un sentiment d’anxiété chez de nombreux citoyens.

Porteuse de grandes ambitions à la hauteur de ces défis, la nouvelle Commission européenne dont la composition a été dévoilée la semaine dernière par Mme Von der Leyen, compte 13 femmes et 14 hommes. Une équipe quasi-paritaire dont chaque membre représente un Etat de l’Union européenne.

La future présidente de l’exécutif européen veut surtout que cette équipe soit “équilibrée, agile et moderne” pour mener à bien les politiques européennes et apporter des réponses satisfaisantes aux enjeux actuels.

Pour ce faire, Mme Von Der Leyen a apporté comme principale nouveauté, la nomination de trois vice-présidents exécutifs qui exerceront une double fonction, à savoir assumer à la fois la charge de commissaire et celle de la vice-présidence pour une des trois grandes priorités du programme de la nouvelle Commission : la lutte contre le changement climatique, l’adaptation à l’ère numérique et l’économie.

La lutte contre le changement climatique sera ainsi le cheval de bataille du Néerlandais Frans Timmermans. Il sera commissaire pour le climat et vice-président exécutif de la Commission chargé de coordonner les travaux consacrés au “Green deal européen”, projet phare de l’UE pour les cinq années à venir.

Ce pacte vert pour l’Europe, que la Commission compte proposer dans les 100 premiers jours de son mandat, inclura la première législation européenne sur le climat, afin d’ancrer l’objectif de la neutralité climatique à l’horizon 2050 dans la loi.

Pour Mme Von der Leyen, l’objectif de ce “Green deal” à long terme est de permettre à l’Europe de devenir le premier continent climatiquement neutre.

Il s’agit également de réduire les émissions de CO2 de l’UE de 40% d’ici à 2030, de promouvoir l’économie circulaire, de lutter contre les plastiques à usage unique et de protéger la santé des citoyens européens contre la détérioration de l’environnement et la pollution, en veillant à la qualité de l’air et de l’eau et en contrôlant les produits chimiques dangereux, les émissions industrielles, les pesticides et les perturbateurs endocriniens.

L’UE compte aussi investir des montants records dans la recherche de pointe et dans l’innovation pour tirer profit des opportunités offertes par la transition écologique.

La Danoise Margrethe Vestager sera, quant à elle, vice-présidente exécutive chargée de la coordination du programme européen d’adaptation à l’ère du numérique et commissaire chargée de la concurrence.

Ce programme prévoit notamment la présentation d’une proposition législative en vue d’une approche européenne coordonnée relative aux implications humaines et éthiques de l’intelligence artificielle.

Cette proposition devrait également examiner les moyens d’utiliser les mégadonnées pour favoriser des innovations qui créent de la richesse pour les sociétés et les entreprises européennes.

La nouvelle Commission veillera ainsi à accorder un grand intérêt aux investissements dans l’intelligence artificielle, à la fois par l’intermédiaire du cadre financier pluriannuel de l’UE, mais aussi par un recours accru aux partenariats public-privé.

Le développement de l’économie européenne sera, par ailleurs, du ressort du vice-président exécutif letton Valdis Dombrovskis qui sera également chargé de la mission de commissaire pour les services financiers.

Afin de redynamiser l’économie européenne, un intérêt particulier sera accordé au renforcement des petites et moyennes entreprises, qui représentent 99 % de l’ensemble des entreprises et 85 % des nouveaux emplois créés au cours des cinq dernières années dans l’UE, ainsi qu’à la création d’un instrument budgétaire de convergence et de compétitivité pour la zone euro, afin de soutenir les réformes et les investissements des États membres en faveur de la croissance.

Concernant la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, le nouvel exécutif européen prévoit de proposer un instrument juridique destiné à faire en sorte que chaque travailleur au sein de l’Union européenne bénéficie d’un salaire minimum équitable, ainsi qu’un régime européen de réassurance des prestations de chômage.

Outre ces trois grandes priorités, la Commission Von der Leyen compte notamment intensifier ses efforts en matière de sécurité intérieure afin de lutter contre la criminalité et le terrorisme. Dans ce sens, le Parquet européen sera doté de davantage de moyens et d’autorité pour enquêter sur le terrorisme transfrontière et à engager des poursuites en la matière.

Pour ce qui est de la question migratoire, il sera essentiellement question de la modernisation du régime d’asile. La nouvelle Commission promet ainsi de mettre en place un régime d’asile européen commun qui vise à accorder toute l’aide nécessaire aux États membres qui subissent la pression la plus forte du fait de leur emplacement géographique, conformément au principe de solidarité européenne.

Afin qu’elle puisse entrer en fonction le 1er novembre prochain et entamer la mise en oeuvre de ces programmes, la nouvelle Commission européenne dans son ensemble, doit d’abord obtenir la confiance du Parlement européen lors d’un vote en plénière prévu le 23 octobre. Avant cette étape, tous les membres de l’équipe d’Ursula von der Leyen seront auditionnés par les eurodéputés qui jugeront de leur capacité à concrétiser les différentes politiques de l’UE lors des cinq années à venir.

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