Le président colombien de droite, confronté à des manifestations d’une ampleur inédite, a annoncé, mardi, une série de mesures en dépit de l’échec d’une rencontre plus tôt dans la journée avec les leaders de la grève nationale, observée jeudi en signe de rejet de sa politique sociale et économique.

Ainsi, M. Ivan Duque dont la cote d’impopularité a atteint des records à peine 15 mois après sa prise de fonction, a annoncé la restitution de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) au profit des ménages les plus vulnérables, précisant que cette mesure bénéficiera à 20% de la population de ce pays qui compte plus de 48 millions d’habitants.

S’exprimant dans une déclaration à l’issue d’une rencontre avec les syndicats et les mouvements sociaux, à l’origine du mouvement social qui se poursuit depuis six jours, le président colombien a également fait état de la réduction des contributions au système de santé pour les retraités percevant de basses pensions.

Cette réduction graduelle qui profitera à 50% des retraités, sera de 12 à 8% et se poursuivra jusqu’à 2022, a précisé M. Duque, annonçant également des incitations au profit des entreprises génératrices d’emplois aux jeunes de 18 à 28 ans.

M. Duque, issu du parti de droite du Centre démocratique, a de même annoncé une exemption générale de TVA pendant trois jours par an pour booster l’activité économique et commerciale dans le pays.

En proie à une pression inédite de la rue, qui proteste depuis jeudi dernier, M. Duque s’est empressé à annoncer ces mesures sans attendre la fin du dialogue nationale qui devrait se clôturer en mars prochain.

Les syndicats et les mouvements sociaux, qui composent le Comite national de la grève, se sont retirés d’une rencontre de dialogue social avec le président, après trois heures de discussions n’ayant abouti à aucune décision concrète.

Ils ont appelé à une nouvelle grève nationale pour mercredi et à la poursuite de la mobilisation et des +cacerolazos+ -concerts de casseroles- qui se tiennent chaque jour dans plusieurs quartiers de Bogotá et des autres villes du pays.

Dans une allocution prononcée vendredi au lendemain de la grève nationale, M. Duque, en fonction depuis août 2018, a annoncé le lancement d’”une conversation nationale qui renforcera l’actuel agenda de politique sociale, en travaillant ainsi de manière unie avec une vision à moyen et long terme, qui nous permettra de combler les écarts sociaux”.

La Colombie a connu de violents incidents et des pillages notamment à Bogotá et Cali (sud-ouest), où un couvre-feu a été instauré dans la nuit de vendredi à samedi derniers, suite à la grève nationale observée en signe de rejet de la politique du président dans les domaines économique et social notamment une éventuelle flexibilisation du marché du travail et la réforme des retraites.

Ces incidents se soldés par la mort de quatre personnes et des centaines de blessés parmi les forces de l’ordre et des manifestants, outre des dégâts matériels estimés à l’équivalent de plus de 5 millions de dollars rien qu’à Bogotá, selon le maire de la capitale.

La mobilisation se poursuit depuis jeudi avec des marches et des concerts de casseroles plutôt pacifiques.

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